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En épingle
L'insecte ou l'événement entomologique du jour, celui qui défraye la chronique et qui alimente les conversations en ville et dans les insectariums, sera épinglé sur cette page abricot, qui s'enrichira au fur et à mesure des événements entomologiques.


En 2003
: Haletant !, Opportunistoptères, Entomoterrorisme, Papillonnite, OGM - la soie !, Jeunes talents, Fourmis en orbite, État de siège, Évasions et mauvais traitements, L'escargot qui en bave pour une fourmi, Divisions,  L'envahisseur américain est sous contrôle, Lancer de crottes, Regarder voler les mouchesApiculture avec plus de piquant,  Droso décryptée, Travailleuses clandestines, Pupe témoin, Désinsectisation, Mondialisation, Patinage entomologiqueDernier souffleImposture, Sombre résistance, Travail de nuit, Mouchetures, Un parfum de scandale, Généalogie guerrière, Régime maigre, Mâle bouffe, Folles, les guêpes, À la cantonaiseIl rame

Catalogue des Épingles de collection
Consulter, page par page, les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles de 2001, Les Épingles de 2002.


11 août 2003

Il rame

On le nomme Patineur d'eau, Ciseau, Tic-tic et, plus savamment, Gerris (Hémiptère Gerridé). C'est une punaise aquatique qui se déplace à la surface des eaux calmes, vite et avec élégance, sur 4 de ses 6 pattes, disposées en croix. Ceci pour trouver sa pitance, des petits insectes tombés dans l'eau, qu'il saisit de ses deux pattes avant. Il sait également voler et c'est ainsi qu'il vient coloniser l'étang, le premier, bien avant les autres insectes.
Mais comment fait-il pour ne pas couler ? Le périmètre de l'interface entre l'extrémité de ses longues pattes munies de soies et l'eau est assez long pour que la tension superficielle supporte le poids - relativement faible - de l'animal. En vertu des lois de la tension superficielle, et selon un calcul assez simple, un Gerris de plus de 25 cm de long ne pourrait pas tenir sur l'eau.
Et pour avancer ? Une première explication est qu'il prendrait appui sur les vaguelettes " capillaires " qu'il créerait en bougeant les pattes. Ça " marche ", à condition de bouger vite, à plus de 25 cm/s, ce dont les larves - qui pourtant se meuvent agilement - sont incapables. Ce " paradoxe de Denny " vient d'être résolu par John Bush et ses collègues, au moyen d'eau colorée filmée à grande vitesse. Le Patineur d'eau, en fait, s'appuie sur des petits tourbillons (ou vortex) d'eau en forme de U qu'il crée en remuant les tarses, qu'il enfonce donc sous l'eau. Un peu à la manière de la rame du canoteur. Un nouveau calcul d'hydrodynamisme confirme que ces vortex sont assez " solides " pour servir d'appui à la patte rameuse.
En guise d'épreuve supplémentaire à leur hypothèse, nos hydro-entomo-locomotriciens ont construit une punaise d'eau artificielle, baptisée " Robostrider ", légère et animée électriquement. Elle ne s'enfonce pas et avance - d'une demi longueur de corps à chaque " enjambée " -, engendrant, comme son modèle, à la fois des vagues capillaires et des vortex, ces derniers étant les principaux agents de sa marche en avant. Laquelle toutefois n'est pas aussi élégante.
Articles sources :
Michael Dickinson, 2003. Animal locomotion : How to walk on water, Nature, 424, 621-622.
Hu D.L., Chan B., Bush J.W., 2003. The hydrodynamics of water strider locomotion. Nature, 424, 663-666.

Dessin Claire Brenot d'après M. Dickinson.

À la cantonaise

Servis grillés, ils croquent un peu sous la dent et rappellent vaguement la chair de crocodile, avec un arrière-goût tenace de vase qui empêche d'en saisir toute la délicatesse. On les achète vivants sur le marché où ils attendent l'amateur dans des bacs en plastique, au voisinage de diverses tortues. Hydrophilus sp. est meilleur (et moins cher) que Cybister sp., plus coriace, plus fade et à l'abdomen moins garni de réserves graisseuses. Comptez environ 50 yuans (7 à 8 €) l'assiette de 50.
Le premier, Coléoptère Hydrophilidé, est détritivore aquatique ; le second, tout autant coléo, mais Dytiscidé, est prédateur, plongeant pour attraper ses proies (comme le Dytique de nos mares). Devenues rares à l'état sauvage, par suite de la disparition de leurs habitats naturels, ces espèces sont élevées dans des " fermes ".
Pas très bon, cher, sans vertu spéciale, ce mets pourrait bien disparaître du menu des restaurants de la province de Canton. Et, avec lui, le dernier cas avéré de consommation humaine de Coléoptères aquatiques.
Article source : Jäch M.A., 2003. Fried Water Beetles Cantonese Style. American Entomologist, 49 (1), 34-37.
Illustration : exemplaires séchés d'Hydrophiles achetés à San Francisco, d'après College Entomology, 1942. La légende précise que l'insecte abonde en Chine.

Folles, les guêpes

Sous l'influence de phéromones volatiles dispersées dans l'air par l'une d'entre elles, les guêpes (Vespa spp., Hyménoptères Vespidés) s'excitent et agressent l'intrus. Ce comportement, bien adapté à leur défense, fait des victimes. Ainsi, au Japon, on dénombre chaque année quelque 75 cas de décès de personnes attaquées par des hyménos (une dizaine en France).
Une équipe de l'école d'agriculture et de l'université de Tamagawa, à Machida (Japon), analysant le contenu des glandes à venin de 3 individus de Vespa mandarinia (en japonais, ohsuzumebati, une très grosse espèce), a repéré 3 substances actives (déclenchant l'agressivité des congénères) : le 2-pentanol, le 3-methyl - 1- butanol et le 1 - methylbutyl 3 - methylbutanoate.
Elle a aussi repéré ces molécules dans nombre de produits alimentaires et cosmétiques, où on les introduit comme agents de consistance ou exhausteurs de goût. Et recommande de cribler les additifs dans le but de repérer ceux qui pourraient déclencher l'agression du consommateur par une nuée de guêpes en fureur.
Article source : Ono M., Terabe H., Hori H. et Sasaki M., 2003. Insect signalling : Components of giant hornet alarm pheromone. Nature, 424, 637-638.
Illustrations à www.muenster.org/hornissenschutz/manda.htm
PS (pas sans rapport avec la canicule) : V. mandarinia japonica vit en prédateur d'autres guêpes et d'abeilles. L'abeille domestique indigène, Apis cerana japonica, a une riposte. Un demi-millier d'entre elles s'agglutinent en boule dense autour de la guêpe, qui meurt ... d'un coup de chaud. La température, dans ce petit essaim, monte à 47°C, deux degrés de trop pour la victime, un peu fragile thermiquement, et deux degrés en dessous de la température létale pour l'abeille. PPS Notre abeille, Apis mellifera, dont beaucoup travaillent au Japon, ne connaît pas le truc.

À lire dans la presse :

Et la cigale dit à la puce : « Eh bien, sautez maintenant ! », par Hervé Morin, Le Monde, 1er août 2003

Les Anoplophora : un danger pour la pépinière et les espaces verts. Par Christian Cocquempot et Franck Hérard. PHM-Revue horticole, p. 28-33, n°449, juillet-août 2003.

L'été, saison des abeilles pour la presse "bio" ?
Dossier : Abeilles en danger ! Valériane, n°42, juillet-août 2003
Dossier du mois : Le miel et les produits de la ruche. Biocontact, n°127, juillet-août 2003
Savoirs et plantes : Les plantes mellifères. Savoirs de terroirs, n°31, été 2003.
Les sommaires de ces numéros ainsi que toutes les coordonnées de ces revues sont à www.biovert.com/kiosque/kiosque.htm

Des hélicoptères contre le coléoptère ravageur de maïs, par Jean-Yves Nau et Hervé Morin. Le Monde, 7 août 2003.


Mâle bouffe

Durant l'accouplement, le mâle de la Punaise Zeus, Phoreticovelia disparata (Hém. Véliidé), se tient sur le dos de sa partenaire. Celle-ci est deux fois plus grosse que lui - ce qui est banal - et lui offre à siroter un " lait " produit par deux glandes situées derrière sa tête - un phénomène tout à fait original, découvert par une équipe australo-suédoise. Le transfert alimentaire a été prouvé ainsi : les mâles ayant copulé avec des femelles nourries de drosophiles radioactives se sont retrouvés radioactifs.
Dans les cas jusque là connus des entomologistes de repas accompagnant le coït, c'est le mâle qui offre une proie (ou un leurre…) à la femelle, voire qui risque de se faire consommer.
Cette punaise aquatique prédatrice, aux mœurs nocturnes, vit en Australie.
Article source : Arnqvist G., Jones T.M., Elgar M. A., 2003. Reversal of sex roles in nuptial feeding. Nature, 424, 387 ; doi : 10.1038/424387a
Dessin Claire Brenot

Régime maigre

Le moineau domestique, Passer domesticus, anglais se meurt. Ses effectifs ne seraient plus que la moitié de ceux enregistrés il y a 25 ans. De très nombreuses hypothèses ont été proposées pour expliquer ce déclin mais Kate Vincent, une jeune thésarde, semble bien avoir mis le doigt sur la cause principale.
Dans les zones péri-urbaines 40% des oisillons des deuxième et troisième couvées de l'année meurent au nid, soit deux fois plus que leurs congénères campagnards et il se pourrait bien que la cause de cette mortalité soit leur alimentation défaillante. En effet, à leur première progéniture  printannière, les parents apportent des Coléoptères et des Orthoptères. Plus tard en saison, les malheureux petits sont nourris à l'insecte de petit calibre, comme du puceron (Hémiptère Aphididés).
Le déclin du très médiatique moineau favorisera-t-il la recherche entomologique ?
D'après " Solving a sparrow shortage", lu sur BBC News, le 30 juillet 2003, à newsvote.bbc.co.uk

Généalogie guerrière

Comment les fourmis (Hyménoptères, Formicidés) guerrières ou légionnaires, présentes sur tous les continents, sont-elles apparues ? En une seule fois, répond Sean Brady de l’université Cornell. Jusqu’à présent les chercheurs supputaient que les différentes souches avaient évolué séparément sur chacun des continents. Or l’analyse des génomes de 30 fourmis guerrières et de 20 ancêtres possibles (insectes fossiles) a révélé que toutes avaient subi les mêmes mutations, quelle que soit leur origine géographique. Assez pour en déduire qu’elle partagent un ancêtre commun, apparu vers la moitié du crétacé sur le continent unique, le Gondwana, et qu’elles ont peu changé depuis 100 millions d’années.
D’après "Army ants, as voracious as ever, have defied evolution for 100 million years", Cornell entomologist finds, lu à www.news.cornell.edu
B.D.

Un parfum de scandale

Chez la fourmi tropicale Cardiocondyla obscurior (Hyménoptère Formicidé), les mâles ailés parviennent à détourner l’attention de leurs congénères aptères, agressifs, grâce à une méthode douce utilisant un produit chimique mimétique, selon Sylvia Cremer et ses collaborateurs de l’université de Ratisbonne (Allemagne). Les mâles aptères de C. obscurior ne quittent jamais le nid. Armés de fortes mandibules, ils se livrent à de féroces combats à l’issue fatale, barbouillant l’adversaire (tout concurrent potentiel à l’accouplement avec les femelles) d’une substance qui incite les ouvrières à attaquer. Les mâles ailés, aux mandibules plus faibles, mènent une vie tranquille mais ne parviennent pas moins que les autres mâles à s’accoupler. Leur stratégie, basée sur la chimie, elle aussi, est d’imiter l’odeur des jeunes reines qu’ils cherchent à approcher, détournant l’attention de leur congénères agressifs. Une stratégie efficace, mais pas toujours : il n’est pas rare que l’efficacité de ce mimétisme leur vaille d’être choisis pour partenaire sexuel… Au bout d’une dizaine de jours, ils perdent leur odeur de femelle et quittent le nid à la recherche d’autres amours. Selon la chercheuse qui a publié dans Nature, s’il est courant chez certaines espèces de rencontrer des individus imitant l’odeur de la femelle d’une autre espèce, ce type de mimétisme intra-spécifique, le mâle imitant la femelle, est plutôt rare.
D’après Queen smell fools macho ants, lu à www.nature.com ,adapté de Cremer S. et al.,  Nature, 419, 897 (2002)
B.D.

[R]


23 juillet 2003

À lire dans la presse : Les invasions d'insectes, par Jacque Lhonoré et Christophe Bourguet. Pour la Science, n°310, août 2003, pp. 40-43.


10 juillet 2003

À lire dans la presse :

Chasse aux libellules sous une "pluie de prunes", par Martine Rousseau. Le Monde, 10 juillet 2003.

Avec la fin des moustiques, l'essor du tourisme, par Marc Menessier. Le Figaro, 5 juillet 2003, en ligne à http://www.lefigaro.fr/, rubrique Science et santé.

Le point sur la lutte contre Metcalfa pruinosa : Cicadelle en vue. Par Serge Schall, L'Officiel jardin motoculture, p. 21, n°105, juin 2003.


3 juillet 2003

Mouchetures

Automobilistes, installez un compteur. Un rectangle de plastique - format carte postale - que vous collerez à l'avant de votre auto et qui enregistrera les insectes dont vous aurez croisé - et interrompu - la trajectoire, sous forme des cadavres plus ou moins écrasés d'iceux. Au bout d'un certain nombre de miles, vous décollerez le rectangle mortel et le renverrez La Royal Society for the Protection of Birds, où sa récolte sera analysée par ordinateur. Les ornithologues de la RSPB - qui promeut ce " Splatometer " -cherchent à mesurer le lien entre le déclin - qu'ils observent - des populations d'oiseaux et celui - que vous contribuerez à estimer - des insectes qui constituent leur provende.
Le procédé ressortit à une méthode classique de dénombrement (directe, relative) déclinée sous forme de " pièges à impaction " fixes (comme des vitres verticales avec gouttière de récupération des insectes surpris et estourbis) ou de panneaux englués montés sur des camions parcourant les pistes dans les champs de coton (jadis, aux États-Unis). Mais pour les entomo-aérodynamyciens, d'accord avec les dynamiciens des populations, il est préférable d'utiliser, à la place des panneaux pleins, du grillage (englué) : le flux d'air est moins perturbé et l'insecte mieux capturé.
NDLR 1 : une référence pour les automobilistes entomologistes : "That Gunk on your Car [..]", par Mark Hostetler.
NDLR 2 : on (re)lira " La mortalité des insectes liée à la circulation automobile " ; par Jean-Pierre Chambon, Insectes, n°88.
NDLR 3 : les vieux entomologistes ne peuvent pas, à la lecture de ces lignes, échapper au souvenir du déflecteur en plastique translucide qu'on se devait d'avoir sur le nez du capot de sa 203 et qui assurait - du moins le croyait-on - la propreté du pare-brise.
NDLR 4 : les amis des oiseaux trouveraient shocking que vous, automobilistes, rouliez avec un panneau à dénombrer les oiseaux.

Travail de nuit

Scarabaeus zambesianus (Coléoptère Scarabéidé) se met en quête d'une bouse fraîche peu avant le coucher du soleil. Dès qu'il l'a trouvée, il en découpe une boulette qu'il façonne de la tête et des pattes avant et la fait rouler le plus vite possible à l'écart de ses congénères et concurrents pour l'exploitation du peu durable site. La ligne droite est le meilleur et le plus sûr trajet. Pour maintenir le cap, notre Scarabée, à l'instar de bien d'autres insectes, se repère par rapport au plan de polarisation de la lumière du soleil. Jusqu'à ce que l'astre dépasse 19° sous l'horizon.
Et que la lune prenne le relais : S. zambesianus est le premier insecte chez qui on a démontré l'usage des propriétés de polarisation de la lumière (un million de fois moins intense) lunaire.
D'après Dacke M., Nilsson D. E. Scholtz C. H., Byrne M., Warrant E. J., 2003. Insect orientation to polarised moonlight. Nature, 424, 33 - lu le 3 juillet 2003 à www.nature.com
Figure : trajets de nuit par pleine lune (à gauche) et par nuit noire (à droite).

À lire dans la presse : Exposition : Jean-Henri Fabre, une vie et des insectes. Par Emmanuel de Roux, Le Monde du 3 juillet 2003.


1er juillet 2003

Sombre résistance

De Marseille à Saint-Pétersbourg en passant par Yalta, la proportion de coccinelles (Col. Coccinellidés) noires atteint, dans les grands centres urbains, des taux inégalés par rapport aux coccinelles rouges. Jusqu'à 87,5 % à Saint-Pétersbourg, contre un taux ordinaire de 10 % dans l'ouest de la Russie. Selon des généticiens de l'Académie des Sciences russe, la pression exercée par l'environnement urbain serait responsable de l'apparition de ce "mélanisme industriel". Le facteur "tolérance industrielle" serait ainsi génétiquement fortement lié au facteur "coccinelle noire" bien que, dans certains cas - comme à Stockholm - les rouges fassent de la résistance face à l'invasion noire.
Cependant, comme pour confirmer le lien entre les deux faits, des entomologistes allemands de Postdam ont constaté que lorsque la pression due aux activités humaines décroît, la proportion s'inverse à nouveau en faveur des rouges.
D'après "Ladybirds Turn Black Living In Town", dépêche InformNauka, lue sur www.alphagalileo.org
B.D.

À lire dans la presse : Insectes : pourquoi ils vont conquérir le monde. Un dossier réalisé par Nicolas Revoy et Jean-Jacques Perrier. Science & vie, n°1030, juillet 2003. Des répulsifs pour se protéger des insectes piqueurs, Le Monde du 1er juillet 2003.


25 juin 2003

A lire dans la presse  : Les Longicornes asiatiques Anaplophora glabripennis et A. chinensis, une menace sérieuse pour l'arboriculture fruitière, les plantes d'ornement et les forêts françaises. Par C. Coquempot, F. Hérard et P. Raynaud. Phytoma, n°561, juin 2003. [Mondialisation]


16 juin 2003

Imposture

Il se fait passer pour lui pour le percer, y pénétrer, s'installer en son sein, se repaître de son sang, y engendrer la multitude de ses enfants avant de le laisser mourir, vidé. Personne ne le réprouve, on admirerait plutôt sa ruse et son succès… Il est un Strepsiptère.
Les Strepsitères, insectes holométaboles, parasitoïdes, constituent un ordre (petit) qui rassemble près de 600 espèces, partout dans le monde.
La larve de 1er stade, libre et mobile, pénètre dans un insecte hôte (en forant un trou dans sa cuticule). La femelle, larviforme, ovovivipare et néoténique, y demeurera toute sa vie - la tête et le thorax à l'extérieur au-delà du 4e stade -, jusqu'à la dernière des très nombreuses (jusqu'à 1 million chez certaines espèces) larves pondues ; l'hôte "stylopisé", dont la vie a été prolongée meurt seulement à ce moment. Le mâle vit une vie larvaire semblable mais, après la mue imaginale, sort (l'hôte meurt) et s'envole. Il vole sur ses ailes postérieures, les antérieures étant réduites à des micro-élytres.
La gamme d'hôte des Strepsiptères est extraordinairement variée : 34 espèces de 7 ordres différents. Chez les Myrmecolacidés, le mâle parasite des fourmis (Hyménoptères Formicidés) et la femelle des Orthoptères. Comment l'intrus surmonte-t-il des barrières de défense (réponses immunitaires) si différentes ?
Des observations (in vivo par vidéo et in vitro) et des dissections de Stichotrema dallatorreanum, parasite de Segestidae novaeguinae (Orth. Tettigoniidé) ont percé ( pas tout à fait complètement) le mystère.
La larve mobile, après avoir fait un trou dans la cuticule de son hôte, s'introduit entre endocuticule et épiderme, formant une protubérance interne. Celle-ci s'agrandit, prend une forme de sac pendant, qui se détache, emportant dans la cavité générale de l'hôte la larve (apode) de 2e stade (avec l'exuvie du 1er stade). C'est dans un sac " en peau d'hôte " (authenticité vérifée par des tests ADN) que, ni vu ni reconnu, le parasitoïde se développe, pour finir par occuper tout le volume de l'hôte, après deux autres mues (qui ont, autre cuiosité, la particularité unique de se dérouler par apolyse, sans exuviation).
C'est au travers du sac que passent, depuis l'hémolymphe de l'hôte, les éléments nutritifs nécessaires au parasitoïde (qui possède un tube digestif jusqu'à la métamorphose).
Cet extraordinaire sac est le résultat d'une longue coévolution ; il a été "mis au point", à partir de mécanismes, plus courants, d'encapsulation de la larve de l'endoparasite par l'hôte. Reste à trouver d'autres exemples chez d'autres espèces de l'ordre et à préciser le rôle des ecdysones (hormones de mue) de l'un et de l'autre.
De curiosité entomologique, les Strepsiptères deviendront-ils un jour, une fois mieux connus, des agents de lutte biologique ?
D'après Kathirithamby J., Ross L. D., Johnston J. S., 2003. Masquerading as self ? Endoparasitic Strepsiptera (Insecta) enclose themselves in host-derived epidermal bag. PNAS, 1131999100.
Clichés ci-dessous G. Demolin/INRA

 

Dernier souffle

A Bangkok, la Blatte souffleuse de Madagascar est à la mode. Ce " nouvel animal de compagnie " est interdit pour des raisons sanitaires et un millier de ces cancrelats vont être incinérés (vivants, mis dans des sacs plastique) - puis on leur organisera des funérailles, selon le rite bouddhiste.
D'après une dépêche Reuters, lue sur Yahoo! Actualités, le 22 mai 2003, à news.yahoo.com

Patinage entomologique

Duane Anderson propose cette mesure de la densité d'une espèce animale : compter combien on en écrase d'un seul pas. Ces jours-ci, c'était 10.
Dix individus de la Sauterelle mormone, Anabrus simplex (Orthoptère Tettigoniidé), en pullulation. En 2001, déjà, ses dégâts avaient été spectaculaires (Épingle " Utah d'urgence "), qualifiés de pires depuis 1940. Ces jours-ci, l'invasion apparaît encore plus massive et les éleveurs voient avec désolation l'herbage destiné aux bovins - un élevage décimé par la sécheresse de l'an dernier - passer dans le tube digestif de ces sauterelles. À raison de 38 livres de matière verte par individu.
Par ailleurs, les fermiers, comme tous les autres habitants, patinent sur les routes recouvertes d'une bonne couche d'insectes morts plus ou moins écrasés. Les autorités envisagent de les sabler.
D'après, entre autres, James Nelson : " Mormon Crickets Devour Crops, Turn Roads 'Blood Red'" ", Yahoo! News, lu le 16 juin à story.news.yahoo.com


27 mai 2003

Mondialisation

Le 26 mai 2003, était annoncée par l'AFP et aussitôt reprise par les médias - y compris le journal du soir de la télévision, la découverte par les agents de la Protection des végétaux, dans le Loiret (à Gien), d'un ravageur dangereux des arbres : le Longicorne asiatique.
Ce fut une " découverte " non pas entomologique mais médiatique. En fait, deux espèces, Anaplophora glabripennis et A. chinensis (Longicorne des citrus) sont présentes en France depuis quelques années, secrètement pour le public, dans, respectivement, au moins 1 et 3 endroits. Ces Coléoptères Cérambycidés ont des allures et des biologies voisines : larves xylophages, vaste gamme d'hôte et… résistance aux conditions du transport.
Ces envahisseurs proviennent, directement ou pas, de Chine. Ils poursuivent leur expansion planétaire, au gré du commerce, mal contrôlé, de bois d'emballage ou même d'arbres entiers. Le second semble bien avoir gagné l'Amérique du Nord dans un bonzaï. La lutte, une fois le ravageur installé, est très difficile : les moyens disponibles sont l'éradication d'arbres sensibles (ainsi, par exemple, a-t-on, pour endiguer la diffusion d'A. glabripennis - et d'autres longicornes -, coupé et brûlé 24 millions d'arbres à Ningxia, dans le centre nord de la Chine, durant l'hiver 1991 et le printemps 1992) et la plantation d'arbres pièges (certains érables).
Avant Gien, New-York, alertée par un livreur de madriers, a affronté le Longicorne asiatique (Épingle "Pendant ce temps là, à New-York..." du 31 décembre 2001).
Sur Internet : Anaplophora glabripennis est, entre autres, à http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/www.sbf.ulaval.ca/entomologie/fiche%20insecte/Anaplophora%20glabripennis%20(Motchulsky).htm et A. chinensis à doacs.state.fl.us/~pi/enpp/ento/clbalert.htm

Désinsectisation

À la galerie Rare, à New-York, on peut voir actuellement toute une série de blattes (Dictyoptères) mises en scène par Catherine Chalmers, sous le titre Ombre et métaphore.
Pour cette artiste, les blattes, ennuyeuses et hideuses, que tout le monde déteste, sont particulièrement intéressantes à mettre à la place de gens, que d'autres gens lynchent, brûlent, pendent, électrocutent. D'où ces photographies de scènes d'exécutions capitales, en noir et blanc : pendaisons en file et chaise électrique miniature sous une lumière blafarde.
Rendez-vous à Kansas City (Missouri) à l'automne pour découvrir ses nouvelles vidéo. Dans une boîte-chambre, les cafards sont sur le dos, gazés (au gaz carbonique). Petit à petit, une antenne frémit, une patte s'étire, puis la troupe s'agite, renaît, se remet sur tarses.
D'après Sarah Boxer, "Shadow and Metaphor Evoked by Coakroaches", The New-York Times, 6 mai 2003 (suppl. au Monde).
Le portfolio de C. Chalmers est à artscenecal.com/ArtistFiles/ChalmersC/ On y entrevoit des fragments de son exposition " Chaîne alimentaire " de 1994-1996 : Chenilles et restes de tomate, Mante et chenille, Mante dévorant une chenille, Chenille attaquant une tomate, etc.

Dessin Claire Brenot, d'après une photographie de l'artiste.
NDRL : ils ne sont par artistes, ils scrutent et filment l'agonie des blattes (et des mouches et d'autres insectes), ils mettent au point des préparations insecticides et les cancrelats n'en réchappent qu'en faible proportion. Ils sont entomologistes.

Pupe témoin

Ce ne fut pas toujours un continent glacé ; sans vie ailleurs que sur les côtes et en quelques endroits peuplés, occasionnellement de Diptères Nématocères (comme des moustiques). C'est une surprise. À quelques centaines de kilomètres du pôle sud, il y eut jadis - il y a des millions d'années - des mouches. Et pas des moindres, des Diptères Cyclorrhaphes - dits supérieurs - dont la larve sans tête ni pattes, à l'instar de notre Mouche domestique, est un asticot et dont la nymphe est une pupe.
C'est un petit fossile, de 5 à 7,5 mm de long, qu'Allan Ashworth, géologue, a trouvé en étudiant une roche ramassée sur le glacier Beardmore. En fait, c'est Christian Thomson, entomologiste entraîné à l'examen des denrées à la recherche d'infestation par les insectes, qui a reconnu, dans les petites structures rondes, les stigmates de la pupe.
Dans le même lieu, on a trouvé des Coléoptères, des gastéropodes, des poissons et des algues. Des découvertes qui indiquent clairement qu'il y a 3 à 17 millions d'années, il a régné là un climat tempéré, suite à un réchauffement " global " parfaitement naturel.
L'origine de cette faune reste à déterminer : des envahisseurs profitant du climat clément ou des autochtones, issus de la faune du Gondwana, continent qui a formé, outre l'Antartique, l'Inde, l'Amérique du Sud et l'Afrique ?
D'après Marsha Walton " The buzz on ancient flies in Antartica ", CNN.com, lu le 12 mai 2003 à www.cnn.com

Travailleuses immigrées

L'importation en douce (en fraude) d'ouvrières d'Apis mellifera (l'Abeille domestique, Hym. Apidé) fait courir d'énormes risques à l'apiculture et à la pollinisation de nombreuses plantes cultivées. Sans doute a-t-on eu jusque là beaucoup de chances, les agents pathogènes, véhiculés avec les essaims, s'étant révélés peu agressifs une fois arrivés chez nous.
Dernière alerte proclamée : l'infestation de nombreux ruchers hessans par le virus du Cachemire, originaire d'Australie et de Nouvelle Zélande, présent en Amérique du Nord (où il cause des dégâts importants) ainsi qu'en Espagne et sans doute en France, mais sans impact notable. Ce virus dont la dissémination pourrait être activement favorisée par l'acarien Varroa jakobsoni - autre fléau - pourrait, en synergie avec lui et d'autres agents, aggraver la situation de l'abeille, déjà mal en point.
D'après " Gefahr durch neues Virus ", Spiegel online, lu le 24 mai 2003 à www.spiegel.de

Droso décryptée

Le génome de la Droso est à www.ncbi.nih.gov/mapview/map_search.cgi?taxid=7227. Pas le temps de vous le recopier.


24 avril 2003

Apiculture avec plus de piquant

Un des métiers les plus dangereux de la jungle des Sundarbans (Bengladesh), c'est apiculteur. D'avril à fin mai, les Mowalis, après une cérémonie pour les bénir, eux et leurs canots, s'enfoncent dans la mangrove pour récolter le miel d'abeilles sauvages, d'une espèce de grande taille et très agressive. Mais nos intrépides apicoles se rient des aiguillons d'Apis dorsata.
En revanche, ils ne craignent rien plus que le Tigre royal du Bengale, aux penchants anthropophages spécialement développés dans cette région - peut-être en lien avec la forte salinité de l'eau. L'enfumage fait fuir les abeilles le temps qu'ils prélèvent une partie du rayon, cire et miel. Mais contre Panthera tigris, ils ont une autre technique d'effarouchement : un masque derrière la tête, pour faire croire au tigre qu'on lui fait face*.
Du fait du prix très élevé de ce miel au petit parfum de jungle et de félin, ce n'est pas le nombre élevé de " veuves de tigre " dans les villages qui limite l'exploitation de l'Hyménoptère, mais des quotas - 78 kg de miel et 20 kg de cire par récolteur - établis dans le cadre de la protection des Sundarbans, entreprise depuis 1879 par le colonisateur britannique.
D'après " Sweet Thrills of Bengladesh jungle ", BBC News, lu le 17 avril 2003 à newsoote.bbc.co.uk et " Dangerous Harvest ", Oregon's Agricultural Progress, hiver 2003, lu à ees.orst.edu
* Un truc qu'ils n'ont sans doute pas lu dans la presse mondiale. Il est pourtant dévoilé dans la Brève " Mission prévention ", le Courrier de l'environnement de l'INRA n°47, octobre 2002, en ligne à www.inra.fr/dpenv/brevc47.htm#mis

Regarder voler les mouches

Regardés au travers de 3 caméras ultra-rapides (5 000 vues par seconde) infra-rouge pointées sur un espace proche d'un cylindre noir portant une goutte de vinaigre, les mouvements de vol libre d'une Mouche du vinaigre, Drosophila melanogaster (Diptère Drosophilidé), amènent à réviser ce que l'on croyait savoir de l'aérodynamisque des insectes.
La mouche, révèlent les vidéogrammes, est capable de changements de direction brusques et importants au prix de petits mouvements des ailes, suffisants pour produire un couple de torsion et réorienter son corps dans le plan de vol. La droso, au prix d'un effort très modeste, est capable d'un virage à angle droit en moins d'1/10 de seconde. Grâce à un modèle mathématique, l'équipe suisso-états-unienne d'aéroentomologistes a pu établir que, dans le vol des insectes, les forces d'inertie interviennent plus que celles de friction de l'air - résultat inattendu.
Article source : Fry S.N., Sayaman R., Dickinson M. H., 2003. The Aerodynamics of Free-Flight Maneuvers in Drosophila. Science, 300 (5618), 495-498.


13 avril 2003

Lancer de crottes

De nombreuses chenilles, de diverses familles, projettent leurs crottes au loin, à des distances étonnantes. Ce comportement est fréquent chez celles qui construisent des abris.
L'Hespérie à taches argentées, Epargyrus clarus (Lép. Hespériidés), espèce de la prairie nord-américaine vivant sur lotier (Poacée) détient peut-être le record dans cette catégorie avec 40 longueurs de corps. La " motivation " lui est fournie par son ennemi, Polistes fuscatus (Hym. Vespidés) qui est attirée par les crottes. Au laboratoire, en l'absence de cette guêpe prédatrice, elle vit très bien au milieu de ses excréments et est capable de reconstruire inlassablement son abri détruit à chaque fois par l'entomologiste.
D'après, notemment, " Good housekeeping : why do shelter-dwelling caterpillar fling their frass ? ", communiqué Blackwell publishing lu le 8 avril 2003 à www.alphagalileo.org
Photo de la chenille à www.npwrc.usgs.gov/resource/2000/catnw/pht80.htm

L'envahisseur américain est sous contrôle

Venu d'Amérique du Nord via la Vénétie en 1979, la Flatide pruineuse, Metcalfa pruinosa (Hemiptère Flatidé), a envahi le Sud de la France à partir de 1985. Cette cicadelle polyphage monovoltine est devenue un ravageur redouté des arboriculteurs, des pépiniéristes et des viticulteurs, notamment. Elle affecte les plantes qu'elle pique surtout par l'intermédiaire de la fumagine qui se développe sur son miellat.
Très classiquement (cf nos pages Lutte biologique), les entomologistes italiens ont recherché dans l'aire d'origine de l'envahisseur (où l'insecte ne fait d'ailleurs pas de dégâts) un ennemi naturel capable de devenir un auxiliaire efficace. Neodryinus typhlocybae (Hyménoptère Dryinidé), transporté en Italie en 1987, y fut lâché quelques années après. En France, Jean-Claude Malausa (INRA Antibes) réalisa les premiers lâchers expérimentaux en 1996, destinés à évaluer les capacités d'installation de dispersion du Dryinidé. Suivirent des lâchers " massifs ", à partir de 1999, par le moyen de sachets contenant une centaine de couples au stade nymphal (cocons), accrochés dans la végétation.
Actuellement, l'auxiliaire s'est acclimaté partout (sauf accident) où il a été lâché. Et l'on compte sur ces populations " installées " pour maîtriser durablement la cicadelle dont les effectifs ont déjà fortement diminué aux endroits des premiers lâchers.
Cette lutte biologique " automatique " - une fois mise au point - surpasse évidemment tous les autres procédés (dont les insecticides auxquels on ne manque pas de penser pour une lutte à court terme) par son universalité (elle s'applique à toutes les plantes cultivées, jardinées ou sauvages), son innocuité (entre autres vis-à-vis des abeilles friandes du miellat), son faible coût et sa compatibilité avec les principes du Bio.
Contact : J.-C. Malausa malausa@antibes.inra.fr
Photos à www.arsia.toscana.it/bollet_fito/documenti/metcalfa.htm, achat de N. typhlocybae à http://www.bioplanet.it/
À (re)lire : Les Dryinidés, par Hubert Tussac, Insectes n°127, 2002.

Cliché ci-contre : Neodryinus typhlocybae, source : J.-C. Malausa.

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Le 21 mars 2003

Divisions

La classe des Hexapodes - Arthropodes à 6 pattes - serait-elle formée de deux groupes très distincts ? L'analyse du génome mitochondrial - d'un nombre limité d'espèces, il est vrai - semble indiquer que les Collemboles sont à ranger à part.
Ces petits Arthropodes à 6 pattes (et une " queue à ressort ") de la faune du sol et de la litière auraient évolué à partir d'un tronc commun aux Crustacés et aux Insectes et auraient colonisé indépendamment de ces derniers le milieu terrestre.
D'abord classés comme Insectes primitifs (absence fondamentale d'ailes, mues continues…), parmi les Aptérygotes, ils sont actuellement considérés comme un des ordres des Hexapodes, à côté des Diploures, Protoures, Archéognathes et Zygentomes.
Selon cette nouvelle hypothèse, les Protoures rejoindraient les Collemboles dans un nouveau phyllum, les " Thysanoures " (Archéognathes + Zygentomes) restant très proches des Insectes, au sein des Hexapodes.
Les Myriapodes, quant à eux, perdraient leur place de cousins les plus proches des Hexapodes, au profit des Crustacés.
Les experts restent divisés…
Article source : Francesco Nardi, Giacomo Spinsanti, Jeffrey L. Boore, Antonio Carapelli, Romano Dallai,1Francesco Frati, 2003. Hexapod Origins: Monophyletic or Paraphyletic? Science, 299, 1854-1855.
Réviser la classification "classique" des insectes.

L'escargot qui en bave pour une fourmi

Une équipe de chercheurs Allemands a découvert en Asie du Sud-Est un escargot ayant développé à un haut niveau un mécanisme d'adaptation pour se faire accepter par les dangereuses fourmis dont il fréquente les nids. Bien que les espèces animales myrmécophiles soient extrêmement nombreuses et diversifiées (elles sont représentées dans la plupart des groupes, des vertébrés - oiseaux, reptiles - aux arthropodes), on ne connaissait pas jusqu'alors de mollusque ayant cette particularité.
La fourmi Leptogynes distinguenda (Formicidé, Ponérinés) fait volontiers son ordinaire d'une large variété de mollusques gastéropodes, que les chercheurs, généreux pour l'expérience, lui ont fourni, morts et broyés. Si un escargot vivant vient, pour son malheur, à croiser une expédition de ces fourmis guerrières, si son opercule est assez gros pour les laisser entrer, si l'escargot n'est pas assez prompt à disparaître dans sa coquille et à émettre une abondante bave protectrice, alors son affaire est faite. Mais prompts, ils le sont souvent, et la fourmi déboutée s'en détourne sans plus marquer d'intérêt pour le baveur. Les choses se passent différemment avec Allopeas myrmekophilos (Gastéropode Pulmonate) trouvé souvent dans des nids de L. distenguenda. Carnivore, comme elles, mais trop lent pour se satisfaire sauvagement, on pense qu'il profite de l'abondante nourriture dont le nid s'emplit à chaque retour d'expédition des fourmis. Pour s'y rendre, c'est très simple : au moindre contact avec une fourmi curieuse - 1 seconde suffit - le gastéropode sécrète une substance strictement spécifique et hautement attractive, légèrement collante, dont l'insecte, avide, s'empare. Notre escargot ne lâche pas prise et est alors transporté jusqu'au nid. Même manège lors des migrations fondatrices : les fourmis transportent le gastéropode au même titre que leurs propres œufs - auxquels il ressemble par la couleur et la taille. Il lui suffit pour cela de sécréter régulièrement cette substance, et il s'installe ainsi dans le nouveau nid.
B.D.
D'après V. Witte, R. Janssen, A. Eppenstein, U. Maschwitz, 2002. Allopeas myrmekophilos (Gastropoda, Pulmonata), the first myrmecophilous mollusc living in colonies of the ponerine army ant Leptogynes distinguenda (Formicidae, Ponerinae) ". Insectes sociaux, 49(4), 301-305.

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Le 13 mars 2003

Évasions et mauvais traitements

Dans sa lutte contre celles qui ne pensent qu'à le dévorer sur pied, lui et son bétail, l'homme enregistre des échecs cuisants. On les croyait disparues d'Amérique (Sud des Etats-Unis et Amérique centrale), grâce à l'application de la lutte autocide (dite aussi " par mâles stériles " voir à la page Lutte biologique). Or, en janvier, des agressions ont de nouveau été signalées, perpétrées par la Lucilie bouchère - qu'on avait officiellement éradiquée. Et dire que les homicides (et bovicides et capricides) ont été élevés aux frais de la princesse !
Dans une grande usine (puante) sise à Tuxtla Gutierrez (capitale du Chiapas, au Mexique), en effet, on produit les asticots de Cochliomyia hominivorax (Diptère Calliphoridé), depuis 27 ans. Ils y sont nourris (d'une mixture comportant de la poudre de sang, de lait et d'œuf dans des bacs, par lots de 20 000) d'où ils sautent une fois leur développement larvaire achevé. Ils s'empupent dans un bain de sciure et, 5 jours et ½ après, on les installe dans des cylindres en plastique pour être soumis, durant 2 minutes, à une irradiation gamma. La dose, 5 fois celle qui serait mortelle pour un humain, provoque leur stérilisation, sans affecter leur comportement. Puis les pupes sont placées en chambre froide jusqu'à leur transport et à leur lâcher, par avion, au dessus des zones à traiter. Sauf celles qui serviront à la reproduction, au sein de l'insectarium géant.
En dépit de mesures de sécurité (pas de fenêtres, personnel en combinaison, sas, pièges dans et autour de l'usine), les évasions n'ont pas été rares. Mais, en janvier, un irradiateur est tombé en panne et on ne s'en est aperçu qu'après le lâcher de millions de mouches - fertiles - au Chiapas et à Panama. Ampleur du désastre, évaluée fin février : une centaine d'attaques, sur du bétail.
Rappelons que la mouche pond dans une blessure jusqu'à 400 œufs d'où naissent des asticots qui se nourrissent de chair vivante. Très dispersée, la Lucilie bouchère ne peut guère être combattue autrement que par la lutte autocide, méthode élégante et très efficace, aux évasions et erreurs de traitement près…
D'après Elisabeth Fullerton, " Grisly Mexico factory breeds man-eating flies ", dépêche Reuters du 24 février 2003, lue à www.alernet.org
Photos www.ans.org/pubs/magazines/nn/pdfs/1999-7-3.pdf  
Lucilie n°3  (mâle stérile) : cliché ARS
1,25 g d'œuf est placé sur des pâtés de viande de cheval en vue de leur passage à un régime gélifié - cliché FAO

État de siège

Après les volontaires texans assiégés par le général mexicain Santa Anna, c'est, 167 ans après, une armée de termites qui est assiégée par les Texans. Ces derniers sont armés de tubes remplis de morceaux de bois - des pièges redoutables - et d'appâts empoisonnés - arme chimique. Les désinsectiseurs viendront-ils à bout de l'ennemi ? Fort Alamo, lieu historique, sera-t-il détruit ?
D'après Libération du 7 mars 2003.

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Le 6 février 2003

Fourmis en orbite

Samedi 25 janvier, Syracuse, État de New-York, États-Unis. Abby Golash, 17 ans, élève de la banale Fowler High School, vit une grande et inédite expérience, sans toutefois se monter la tête : " Ce n'est pas de la science appliquée. Nous n'allons pas trouver un remède contre le cancer ; mais il pourrait bien y avoir pas mal de retombées indirectes. […] Un jour, un truc qu'on aura appris pourra servir dans un écosystème dans l'espace ou même sur une autre planète. "
À l'instar d'autres jeunes étudiants de Chine, du Japon, d'Israël, d'Australie et du Liechtenstein, Abby et ses camarades ont préparé, proposé, réalisé, peaufiné et vu s'envoler (Abby : " Un travail de 3 ans et demi qui s'envole en 3 minutes et demi ! ", depuis Cap Canaveral (Floride), emportée par la navette - mission STS 107 - , leur expérience. Les Chinois et leurs vers à soie n'y étaient pas, faute de visa. Tout le monde, tout en gardant un œil sur un témoin resté sur Terre, a pu observer, via Internet (à mailto:http://), le déroulement de la manip en orbite.
Pour nos élèves de Syracuse, il s'agissait d'observer 15 grosses fourmis moissonneuses (Pogonomyrmex occidentalis, Hyménoptères Formicidés) dans un nid artificiel climatisé fait grosso-modo d'une lame d'agar-agar (projet Ant in Space, parrainé par SPACEHAB). En apesanteur, prof de techno et élève sont d'accord, elles bougent plus vite, ont l'air comme folles et leurs galeries n'ont pas la même allure.
Et Abby d'ajouter : " Ce que nous faisons, personne ne l'a fait avant nous. Il n'a y a nulle part de 'résultats prévus' à prendre en compte ".
D'après, entre autres, Marsha Walton, " Ants tunneling 'like crazy' in shuttle ", CNN, lu le 25 janvier 2003 à www.cnn.com
Photos du vivarium spatial à http://www.paragonsdc.com/1A2Anew01ICES-252.pdf

Le site Starsacademy est fermé depuis l'accident de Columbia, survenu le 2 février 2003.


Le 31 janvier 2003

Jeunes talents

Depuis 1942, l'Intel Science Talent Search, creuset de futurs prix Nobel, récompense les petits génies états-uniens en dernière année d'études secondaires (l'équivalent de notre lycée), sur présentation d'un projet individuel de recherche. Parmi les 40 finalistes du concours 2002-2003 révélés le 29 janvier dernier, trois études concernent directement le monde des arthropodes terrestres. Michelle Rengarajan (Pasadena, Californie), 17 ans, souhaite étudier comment, chez la drosophile dont les réponses immunitaires sont proches de celles de l'homme, le nématode responsable de la filariose - une maladie parasitaire qui infecte 120 millions de personnes de par le monde - parvient à se faire "accepter" par son hôte. Michael H. Nyberg (Old Lyme, Connecticut), 17 ans, a inventé et souhaite développer un appareil acoustique détruisant les larves de moustiques dans leur environnement aquatique. Matthew J. Kroll (Bedford, New-York), 17 ans lui aussi, s'est intéressé à une tique, Ixodes scapularis, vectrice de la maladie de Lyme, et aux conséquences de sa taille sur son développement. Tous les ans, environs   étudiants participent à ce concours qui attribue au vainqueur la modique somme de… 100 000 dollars !
B.D.
Vu le 1er février 2003 sur www.sciserv.org/sts/

Papillonnite

La commune de Sinnamary (à l'est de la Guyane) est envahie par des nuées de papillons urticants qui forcent les habitants à s'enfermer chez eux le soir. En effet, les femelles du Papillon cendre (Hylesia metabus, Lépidoptère Saturniidé) se rassemblent autour des lumières, projetant en vol des "fléchettes" (écailles) urticantes. Alors qu'en 1994, l'invasion de Kourou avait été combattue par l'armée à coup de traitements insecticides et de déboisements, la lutte est ici du type "psychique" : des pièges lumineux sont tendus et éclairés (c'est un procédé de chasse très connu des entomologistes) et imprégnés d'insecticide (les entomologistes "cueillent" les spécimens intéressants à la pince).
D'après une dépêche AFP, lue le 31 janvier 2003 à www.larecherche.fr/
Vue d'une femelle posée sur un élément de menuiserie. Elle adopte une posture caractéristique de "défense" en exposant les zones de son abdoment recouvertes de fléchettes urticantes (photo J.-F. Silvain).

OGM, la soie !

Des vers à soie produisant des protéines humaines à usage thérapeutique ont été obtenus par des chercheurs Japonais, par modification des caractères génétiques de Bombyx mori (Lépidoptère Bombicidé). La larve file alors une soie enrichie en collagène, une protéine utilisée notamment en chirurgie reconstructrice et esthétique. Ce collagène est exprimé par un gène humain introduit à l'intérieur du génome de l'insecte. Associé à la soie, elle-même protéine extrêmement pure, le collagène est facile à extraire chimiquement. On connaissait déjà - notamment - les vaches transgéniques, capables d'exprimer dans leur lait des gènes codant pour des protéines humaines, mais c'est la première fois qu'une intégration stable d'un caractère génétique humain chez le vers à soie est rapportée. Le procédé pourrait servir à exprimer d'autres protéines et avec rapidité, eut égard à la vitesse de reproduction du Lépidoptère (supérieure, rappelons-le à celle de la vache). Alors que la production de protéines synthétiques est aussi coûteuse que difficile, l'industrie pharmaceutique s'intéresse au plus haut point à ces techniques. D'autant que la sériciculture, qui produit environ 60 000 tonnes de soie par an (en particulier dans le sud-est asiatique), dispose de moyens de production déjà en place et pourrait trouver là d'importantes opportunités de développement.
B.D.
D'après, entre autres, "Human therapeutic proteins from skilworms", Florian M. Wurm, Nature Biotechnology, 21, 2003, en ligne à www.nature.com/naturebiotechnology

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Le 27 janvier 2003

Entomoterrorisme

Pour Slavoljub Markovic, ex-directeur de la Protection des végétaux yougoslave, l'invasion de son pays par la Chrysomèle du maïs, Diabrotica virgifera (Coléoptère Chrysomélidé) est un acte d'agroterrorisme et de sabotage économique perpétré par les États-Unis.
L'insecte, grand ravageur du maïs en Amérique du Nord, récemment signalé en France, a effectivement pris pied en Europe aux alentours de l'aéroport de Belgrade, dans les années 1980.
Pour les experts américains, le transport sans intervention de quiconque de l'envahisseur par avion entre deux aéroports tous deux proches de champs de maïs est tout à fait de l'ordre du possible et les accusations sont " plaisantes ". On serait même tenté d'y voir un manœuvre pour accélérer l'octroi de fonds états-uniens pour la reconstruction du service yougoslave de la protection des végétaux.
D'après Ted Agres, " Rambling Rootworms Prompt Agroterrorism Claims ", lu dans The Scientist, 17(1), 54, en ligne à www.the-scientist.com.
Deux articles récents à (re)lire : par Frédéric Suffert, " L'épidémiologie végétale, nouvelle discipline de guerre? ", le Courrier de l'environnement de l'INRA, 47,57-70 ; et, par Pierre Zagatti et Sylvie Derridj, " La Chrysomèle du maïs est en France ", Insectes, 127, 5-7.

D'aucuns auraient supputé, par ailleurs, que la Chrysomèle nous aurait été envoyée pour justifier le cadeau suivant : du maïs transgénique ad hoc...
Mâle sombre (capturé à Roissy), photo P. Zagatti.

Opportunistoptères

Grâce à l'examen du génome de 37 espèces de Phasmoptères appartenant à 14 des 19 sous-familles de cet ordre, Miche Whiting (Brigham Young University à Provo, Utah, Etats-Unis) a pu tracer un arbre généalogique. Il a ainsi mis en évidence que, tout au long ds 300 millions d'années de leur évolution, ces insectes ont développé, perdu, redéveloppé plusieurs fois des ailes.
Grosse surprise ! Il était jusque-là bien admis (loi de Dollo) que les insectes ailés ayant évolué vers l'aptérisme avaient abandonné une fois pour toutes la capacité de voler, les gènes " ailes " étant perdus. Or, à la lumière de ce tout récent travail, il apparaît que l'aptérisme, acquis comme un avantage car favorisant des " fonctions " plus importantes que le vol (comme la production d'une descendance nombreuse), est réversible si les conditions changent et, ceci, plusieurs fois de suite.
Une telle " re-évolution " est possible du fait de l'existence et du fonctionnement d'un gène commutable " aile)pas d'aile ", analogue à Pax-6 " œil/pas d'œil " présent chez tous les animaux. Des lignées d'insectes ont-elles été successivement voyantes et aveugles ?
D'après, notamment, Nicola Jones, " Stick insects forces evolutionary rethink ", lu sur NewScientist.com, le 15 janvier 2003, à www.newscientist.com

Haletant !

Les insectes - en cela aussi, bien différents des vertébrés - respirent au moyen d'un système de trachées qui conduit l'air depuis les stigmates jusqu'aux cellules trachéolaires, partout au sein de l'organisme (et ce, jusqu'au bout des appendices). Leur hémolymphe n'a pas, à la différence du sang, pour rôle de transporter l'oxygène nécessaire à la vie cellulaire.
Comment l'air " respirable " et l'air " vicié " circulent-il dans ces vaisseaux, dont le diamètre s'affine jusqu'à 1 micron ? Grâce à des contractions musculaires lentes dans l'abdomen et aux mouvements des appendices, savait-on. Jusqu'à ce qu'on observe en détail le réseau des trachées au travers du corps de Platynus decentis (Col. Carabidé), d'une fourmi charpentière (Camponotus pennsylvaticus, Hym. Formicidé) et du Grillon domestique (Achaeta domesticus, Orth. Gryllidé), tous insectes en vie et respirant. Grâce à un " microscope " à rayonnements X synchrotron (produit par un accélérateur de particules), on a obtenu des vidéogrammes comme on n'en avait jamais vus.
Où l'on voit que les trachéoles se compriment (latéralement ou dorso-ventralement) - leur section devient ovale - puis reprennent la forme que leur donnent la ténidie (section circulaire). La fréquence, qui varie avec l'effort semble-t-il, de cette " expiration-inspiration ", va de 0,4 à 0,7 Hz. Son moteur est l'augmentation périodique de la pression interne de l'insecte, sous l'effet de la contraction rythmique de différents muscles.
Article source : Westneat M.W., Betz O., Blob R.W., Fezzaa K., Cooper W.J., Wah-Keat-Lee, 2003. Respiration in Insects Visualized with Synchrotron X-ray Imagin. Science magazine, 299(5606), 558-560.
L'article Trachée du Glossaire progressif : http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/glossaire.htm#trach
Photo Mark Westneat, Courtesy of The Field Museum. Les trachées sont bien visibles au niveau du cou.
Autres images à www.eurekalert.org/pub_releases/2003-01/fm-shp011703.php

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Épingles de collection

Précédemment épinglés en 1999-2000 : Le Monarque, le IIIe FIFI, Sales mouches et compagnie, The Millennium Bug, Antigel, Sujets d'entomologie, Paris : trois immigrantes clandestines, Le Ver à rayonne, Parieurs, le secret..., La mort des abeilles (I et II), Chers appâts, Éristale des champs, Éristales des villes,  Toliman le magnifique, Cafard bionique, À armes égales,  AGA, Les punaises sont entrées dans Paris, Antigel (II), Horreurs sur la toile, Le moustique de la (Grosse) Pomme,  Abeilles phyto, Le Monarque (suite de la suite...), Rivalité sexuelle et évolution, Du poulet contre les charançons, Irrésistiblement attirant, Trafic mis à jour,  Langue bleue, Farine animale, Trésors.

En 2001 :   Après la tempête, Entomologiste premier, Identification automatique, Réapparition, Rose-vert, Gène à gène, Le paradis des fourmis, Le poids des cornes, Quelle mort au bout du voyage ?, Gaucho contre longicornes, Fine mouche, Un petit coup de frelon ?, Ce sera la chenille ou l'homme !, Victimes : les pue-la-sueur, Addiction, Recherche courtilière, Luzernoïdes, Les mordues du travailFaire-part, Sexe, pied à coulisse et gloire, Accord parfait, accord vite fait, Arithmétique cicadaire, Punaise !, Utah d'urgence..., Bonheur des chats, malheur des moustiques ,Victoire biologique, Bouses pièges, Le Monarque (fin ?), Lutte bio-génétique, Les termites : ça reste à creuser, Le coup du parapluie, Attention, chenille méchante !,  Fourmi contre écosystème, Punaises diaboliques, Le tireur d'élite aux ailes de cristal, Opération Charançon, Moustique auto-GM, La chenille, la chouette et l'école, Les drosophiles rêvent-elles de rosée ?, Nouvelles farines animales, Pendant ce temps là, à New-York…, Biodéfoliant, Les apiculteurs font de la résistance, Étoile de Noël.


Précédemment épinglés en 2002 : Chasse mouches, Chrysope surprise, Chenilles et carottes, Trafic d'arsenic, La cicadelle des basses richesses,  Royale indifférence, Qui pique les pépites ?, Quels nez !, Insectes de somme, CAO (Camouflage assisté par ordinateur), Barbe à papa, Surréaliste, La Très Grande Fourmilière, 31 !, La crise de la fourmi folle, Des millions d'espèces en moins,  Nommer, dénommer, renommer…, Envahisseuse, envahisseur !, Chapeau, l'abeille africaine !, Mauvais goût, Association de malfaiteurs,  Sus à la Grande Sensitive, NAC, Renversant, Envahisseurs associées, ravages durables, Exploitation, La cheffe reste la cheffe, Pourquoi tant de gènes ?, Mouche à faire peur, Punaise (II), Amères mouches à miel, Le Petit Pilleur des ruches, Pot russe, Sales mouchesPetite famille, Les couleurs de la nuit, Le coton Bt file un mauvais cocon ?, Mauvaises fréquentations, Le combat de la mouche et de l'araignée.


Sauf mention contraire, ces textes sont d'Alain Fraval
M.G. = Marie Guillaume, B.D. = Bruno Didier

Consulter les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les premières Épingles de 2001.

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