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d'accueil d'OPIE-Insectes
En
épingle
L'insecte
ou l'événement entomologique du jour, celui qui défraye la chronique et qui
alimente les conversations en ville et dans les insectariums, sera épinglé sur
cette page abricot, qui s'enrichira au fur et à mesure des événements
entomologiques.
En 2003 : Haletant
!, Opportunistoptères,
Entomoterrorisme,
Papillonnite,
OGM
- la soie !, Jeunes
talents, Fourmis
en orbite, État
de siège, Évasions
et mauvais traitements, L'escargot
qui en bave pour une fourmi, Divisions,
L'envahisseur
américain est sous contrôle, Lancer
de crottes, Regarder
voler les mouches, Apiculture
avec plus de piquant, Droso
décryptée, Travailleuses
clandestines, Pupe
témoin, Désinsectisation,
Mondialisation,
Patinage
entomologique, Dernier
souffle, Imposture,
Sombre
résistance, Travail
de nuit, Mouchetures,
Un
parfum de scandale, Généalogie
guerrière, Régime
maigre, Mâle
bouffe, Folles,
les guêpes, À
la cantonaise, Il
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Catalogue des Épingles
de collection
Consulter, page par page, les Épingles
entomologiques de 1999 et 2000, Les Épingles
de 2001, Les Épingles
de 2002.
11 août 2003
On le nomme Patineur d'eau, Ciseau, Tic-tic et, plus savamment, Gerris
(Hémiptère Gerridé). C'est une punaise aquatique qui se déplace à la surface
des eaux calmes, vite et avec élégance, sur 4 de ses 6 pattes, disposées en
croix. Ceci pour trouver sa pitance, des petits insectes tombés dans l'eau,
qu'il saisit de ses deux pattes avant. Il sait également voler et c'est ainsi
qu'il vient coloniser l'étang, le premier, bien avant les autres insectes.
Mais comment fait-il pour ne pas couler ? Le périmètre de l'interface entre
l'extrémité de ses longues pattes munies de soies et l'eau est assez long pour
que la tension superficielle supporte le poids - relativement faible - de
l'animal. En vertu des lois de la tension superficielle, et selon un calcul
assez simple, un Gerris de plus de 25 cm de long ne pourrait pas tenir
sur l'eau.
Et pour avancer ? Une première explication est qu'il prendrait
appui sur les vaguelettes " capillaires " qu'il créerait en bougeant les pattes.
Ça " marche ", à condition de bouger vite, à plus de 25 cm/s, ce dont les larves
- qui pourtant se meuvent agilement - sont incapables. Ce " paradoxe de Denny "
vient d'être résolu par John Bush et ses collègues, au moyen d'eau colorée
filmée à grande vitesse. Le Patineur d'eau, en fait, s'appuie sur des petits
tourbillons (ou vortex) d'eau en forme de U qu'il crée en remuant les tarses,
qu'il enfonce donc sous l'eau. Un peu à la manière de la rame du canoteur. Un
nouveau calcul d'hydrodynamisme confirme que ces vortex sont assez " solides "
pour servir d'appui à la patte rameuse.
En guise d'épreuve supplémentaire à
leur hypothèse, nos hydro-entomo-locomotriciens ont construit une punaise d'eau
artificielle, baptisée " Robostrider ", légère et animée électriquement. Elle ne
s'enfonce pas et avance - d'une demi longueur de corps à chaque " enjambée " -,
engendrant, comme son modèle, à la fois des vagues capillaires et des vortex,
ces derniers étant les principaux agents de sa marche en avant. Laquelle
toutefois n'est pas aussi élégante.
Articles sources :
Michael
Dickinson, 2003. Animal locomotion : How to walk on water, Nature, 424,
621-622.
Hu D.L., Chan B., Bush J.W., 2003. The hydrodynamics of water
strider locomotion. Nature, 424, 663-666.
Dessin Claire
Brenot d'après M. Dickinson.
Servis grillés, ils croquent un peu sous la dent et rappellent vaguement la
chair de crocodile, avec un arrière-goût tenace de vase qui empêche d'en saisir
toute la délicatesse. On les achète vivants sur le marché où ils attendent
l'amateur dans des bacs en plastique, au voisinage de diverses tortues.
Hydrophilus sp. est meilleur (et moins cher) que Cybister sp.,
plus coriace, plus fade et à l'abdomen moins garni de réserves graisseuses.
Comptez environ 50 yuans (7 à 8 €) l'assiette de 50.
Le premier, Coléoptère
Hydrophilidé, est détritivore aquatique ; le second, tout autant coléo, mais
Dytiscidé, est prédateur, plongeant pour attraper ses proies (comme le Dytique
de nos mares). Devenues rares à l'état sauvage, par suite de la disparition de
leurs habitats naturels, ces espèces sont élevées dans des " fermes ".
Pas
très bon, cher, sans vertu spéciale, ce mets pourrait bien disparaître du menu
des restaurants de la province de Canton. Et, avec lui, le dernier cas avéré de
consommation humaine de Coléoptères aquatiques.
Article source : Jäch
M.A., 2003. Fried Water Beetles Cantonese Style. American Entomologist,
49 (1), 34-37.
Illustration : exemplaires séchés d'Hydrophiles
achetés à San Francisco, d'après College Entomology, 1942. La légende
précise que l'insecte abonde en Chine.
Sous l'influence de phéromones volatiles dispersées dans l'air par l'une
d'entre elles, les guêpes (Vespa spp., Hyménoptères Vespidés) s'excitent
et agressent l'intrus. Ce comportement, bien adapté à leur défense, fait des
victimes. Ainsi, au Japon, on dénombre chaque année quelque 75 cas de décès de
personnes attaquées par des hyménos (une dizaine en France).
Une équipe de
l'école d'agriculture et de l'université de Tamagawa, à Machida (Japon),
analysant le contenu des glandes à venin de 3 individus de Vespa mandarinia
(en japonais, ohsuzumebati, une très grosse espèce), a repéré 3
substances actives (déclenchant l'agressivité des congénères) : le 2-pentanol,
le 3-methyl - 1- butanol et le 1 - methylbutyl 3 - methylbutanoate.
Elle a
aussi repéré ces molécules dans nombre de produits alimentaires et cosmétiques,
où on les introduit comme agents de consistance ou exhausteurs de goût. Et
recommande de cribler les additifs dans le but de repérer ceux qui pourraient
déclencher l'agression du consommateur par une nuée de guêpes en
fureur.
Article source : Ono M., Terabe H., Hori H. et Sasaki M.,
2003. Insect signalling : Components of giant hornet alarm pheromone.
Nature, 424, 637-638.
Illustrations à www.muenster.org/hornissenschutz/manda.htm
PS
(pas sans rapport avec la canicule) : V. mandarinia japonica vit en
prédateur d'autres guêpes et d'abeilles. L'abeille domestique indigène, Apis
cerana japonica, a une riposte. Un demi-millier d'entre elles
s'agglutinent en boule dense autour de la guêpe, qui meurt ... d'un coup de
chaud. La température, dans ce petit essaim, monte à 47°C, deux degrés de trop
pour la victime, un peu fragile thermiquement, et deux degrés en dessous de la
température létale pour l'abeille. PPS Notre abeille, Apis
mellifera, dont beaucoup travaillent au Japon, ne connaît pas le truc.
À lire dans la presse :
Et la cigale dit à la puce : « Eh bien, sautez maintenant ! », par Hervé Morin, Le Monde, 1er août 2003
Les Anoplophora : un danger pour la pépinière et les espaces verts. Par Christian Cocquempot et Franck Hérard. PHM-Revue horticole, p. 28-33, n°449, juillet-août 2003.
L'été, saison des abeilles pour la presse "bio" ?
Dossier : Abeilles
en danger ! Valériane, n°42, juillet-août 2003
Dossier du mois :
Le miel et les produits de la ruche. Biocontact, n°127,
juillet-août 2003
Savoirs et plantes : Les plantes mellifères.
Savoirs de terroirs, n°31, été 2003.
Les sommaires de ces numéros
ainsi que toutes les coordonnées de ces revues sont à
www.biovert.com/kiosque/kiosque.htm
Des hélicoptères contre le coléoptère ravageur de maïs, par Jean-Yves Nau et Hervé Morin. Le Monde, 7 août 2003.
Durant l'accouplement, le mâle de la Punaise Zeus, Phoreticovelia
disparata (Hém. Véliidé), se tient sur le dos de sa partenaire. Celle-ci est
deux fois plus grosse que lui - ce qui est banal - et lui offre à siroter un "
lait " produit par deux glandes situées derrière sa tête - un phénomène tout à
fait original, découvert par une équipe australo-suédoise. Le transfert
alimentaire a été prouvé ainsi : les mâles ayant copulé avec des femelles
nourries de drosophiles radioactives se sont retrouvés radioactifs.
Dans les
cas jusque là connus des entomologistes de repas accompagnant le coït, c'est le
mâle qui offre une proie (ou un leurre…) à la femelle, voire qui risque de se
faire consommer.
Cette punaise aquatique prédatrice, aux mœurs nocturnes, vit
en Australie.
Article source : Arnqvist G., Jones T.M., Elgar M. A.,
2003. Reversal of sex roles in nuptial feeding. Nature, 424, 387 ; doi :
10.1038/424387a
Dessin Claire Brenot
Le moineau domestique, Passer domesticus, anglais se meurt. Ses
effectifs ne seraient plus que la moitié de ceux enregistrés il y a 25 ans. De
très nombreuses hypothèses ont été proposées pour expliquer ce déclin mais Kate
Vincent, une jeune thésarde, semble bien avoir mis le doigt sur la cause
principale.
Dans les zones péri-urbaines 40% des oisillons des deuxième et
troisième couvées de l'année meurent au nid, soit deux fois plus que leurs
congénères campagnards et il se pourrait bien que la cause de cette mortalité
soit leur alimentation défaillante. En effet, à leur première progéniture
printannière, les parents apportent des Coléoptères et des Orthoptères.
Plus tard en saison, les malheureux petits sont nourris à l'insecte de petit
calibre, comme du puceron (Hémiptère Aphididés).
Le déclin du très
médiatique moineau favorisera-t-il la recherche entomologique
?
D'après " Solving a sparrow shortage", lu sur BBC News, le 30
juillet 2003, à newsvote.bbc.co.uk
Comment les fourmis (Hyménoptères, Formicidés) guerrières ou légionnaires,
présentes sur tous les continents, sont-elles apparues ? En une seule fois,
répond Sean Brady de l’université Cornell. Jusqu’à présent les chercheurs
supputaient que les différentes souches avaient évolué séparément sur chacun des
continents. Or l’analyse des génomes de 30 fourmis guerrières et de 20 ancêtres
possibles (insectes fossiles) a révélé que toutes avaient subi les mêmes
mutations, quelle que soit leur origine géographique. Assez pour en déduire
qu’elle partagent un ancêtre commun, apparu vers la moitié du crétacé sur le
continent unique, le Gondwana, et qu’elles ont peu changé depuis 100 millions
d’années.
D’après "Army ants, as voracious as ever, have defied
evolution for 100 million years", Cornell entomologist finds, lu à
www.news.cornell.edu
B.D.
Chez la fourmi tropicale Cardiocondyla obscurior (Hyménoptère
Formicidé), les mâles ailés parviennent à détourner l’attention de leurs
congénères aptères, agressifs, grâce à une méthode douce utilisant un produit
chimique mimétique, selon Sylvia Cremer et ses collaborateurs de l’université de
Ratisbonne (Allemagne). Les mâles aptères de C. obscurior ne quittent
jamais le nid. Armés de fortes mandibules, ils se livrent à de féroces combats à
l’issue fatale, barbouillant l’adversaire (tout concurrent potentiel à
l’accouplement avec les femelles) d’une substance qui incite les ouvrières à
attaquer. Les mâles ailés, aux mandibules plus faibles, mènent une vie
tranquille mais ne parviennent pas moins que les autres mâles à s’accoupler.
Leur stratégie, basée sur la chimie, elle aussi, est d’imiter l’odeur des jeunes
reines qu’ils cherchent à approcher, détournant l’attention de leur congénères
agressifs. Une stratégie efficace, mais pas toujours : il n’est pas rare que
l’efficacité de ce mimétisme leur vaille d’être choisis pour partenaire sexuel…
Au bout d’une dizaine de jours, ils perdent leur odeur de femelle et quittent le
nid à la recherche d’autres amours. Selon la chercheuse qui a publié dans
Nature, s’il est courant chez certaines espèces de rencontrer des
individus imitant l’odeur de la femelle d’une autre espèce, ce type de mimétisme
intra-spécifique, le mâle imitant la femelle, est plutôt rare.
D’après
Queen smell fools macho ants, lu à www.nature.com ,adapté de Cremer S. et
al., Nature, 419, 897 (2002)
B.D.
23 juillet 2003
À lire dans la presse : Les invasions d'insectes, par Jacque Lhonoré et Christophe Bourguet. Pour la Science, n°310, août 2003, pp. 40-43.
10 juillet 2003
À lire dans la presse :
Chasse aux libellules sous une "pluie de prunes", par Martine Rousseau. Le Monde, 10 juillet 2003.
Avec la fin des moustiques, l'essor du tourisme, par Marc Menessier. Le Figaro, 5 juillet 2003, en ligne à http://www.lefigaro.fr/, rubrique Science et santé.
Le point sur la lutte contre Metcalfa pruinosa : Cicadelle en vue. Par Serge Schall, L'Officiel jardin motoculture, p. 21, n°105, juin 2003.
3 juillet 2003
Automobilistes, installez un compteur. Un rectangle de plastique - format
carte postale - que vous collerez à l'avant de votre auto et qui enregistrera
les insectes dont vous aurez croisé - et interrompu - la trajectoire, sous forme
des cadavres plus ou moins écrasés d'iceux. Au bout d'un certain nombre de
miles, vous décollerez le rectangle mortel et le renverrez La Royal Society for
the Protection of Birds, où sa récolte sera analysée par ordinateur. Les
ornithologues de la RSPB - qui promeut ce " Splatometer " -cherchent à mesurer
le lien entre le déclin - qu'ils observent - des populations d'oiseaux et celui
- que vous contribuerez à estimer - des insectes qui constituent leur
provende.
Le procédé ressortit à une méthode classique de dénombrement
(directe, relative) déclinée sous forme de " pièges à impaction " fixes (comme
des vitres verticales avec gouttière de récupération des insectes surpris et
estourbis) ou de panneaux englués montés sur des camions parcourant les pistes
dans les champs de coton (jadis, aux États-Unis). Mais pour les
entomo-aérodynamyciens, d'accord avec les dynamiciens des populations, il est
préférable d'utiliser, à la place des panneaux pleins, du grillage (englué) : le
flux d'air est moins perturbé et l'insecte mieux capturé.
NDLR 1 : une
référence pour les automobilistes entomologistes : "That
Gunk on your Car [..]", par Mark Hostetler.
NDLR 2 : on (re)lira " La
mortalité des insectes liée à la circulation automobile " ; par Jean-Pierre
Chambon, Insectes, n°88.
NDLR 3 : les vieux entomologistes ne peuvent
pas, à la lecture de ces lignes, échapper au souvenir du déflecteur en plastique
translucide qu'on se devait d'avoir sur le nez du capot de sa 203 et qui
assurait - du moins le croyait-on - la propreté du pare-brise.
NDLR 4 : les
amis des oiseaux trouveraient shocking que vous, automobilistes, rouliez
avec un panneau à dénombrer les oiseaux.
Scarabaeus zambesianus (Coléoptère Scarabéidé) se met en quête d'une
bouse fraîche peu avant le coucher du soleil. Dès qu'il l'a trouvée, il en
découpe une boulette qu'il façonne de la tête et des pattes avant et la fait
rouler le plus vite possible à l'écart de ses congénères et concurrents pour
l'exploitation du peu durable site. La ligne droite est le meilleur et le plus
sûr trajet. Pour maintenir le cap, notre Scarabée, à l'instar de bien d'autres
insectes, se repère par rapport au plan de polarisation de la lumière du soleil.
Jusqu'à ce que l'astre dépasse 19° sous l'horizon.
Et que la lune prenne le
relais : S. zambesianus est le premier insecte chez qui on a démontré
l'usage des propriétés de polarisation de la lumière (un million de fois moins
intense) lunaire.
D'après Dacke M., Nilsson D. E. Scholtz C. H., Byrne
M., Warrant E. J., 2003. Insect orientation to polarised moonlight.
Nature, 424, 33 - lu le 3 juillet 2003 à
www.nature.com
Figure : trajets de nuit par pleine lune (à
gauche) et par nuit noire (à droite).
À lire dans la presse : Exposition : Jean-Henri Fabre, une vie et des insectes. Par Emmanuel de Roux, Le Monde du 3 juillet 2003.
1er juillet 2003
De Marseille à Saint-Pétersbourg en passant par Yalta, la proportion de
coccinelles (Col. Coccinellidés) noires atteint, dans les grands centres
urbains, des taux inégalés par rapport aux coccinelles rouges. Jusqu'à 87,5 % à
Saint-Pétersbourg, contre un taux ordinaire de 10 % dans l'ouest de la Russie.
Selon des généticiens de l'Académie des Sciences russe, la pression exercée par
l'environnement urbain serait responsable de l'apparition de ce "mélanisme
industriel". Le facteur "tolérance industrielle" serait ainsi génétiquement
fortement lié au facteur "coccinelle noire" bien que, dans certains cas - comme
à Stockholm - les rouges fassent de la résistance face à l'invasion
noire.
Cependant, comme pour confirmer le lien entre les deux faits, des
entomologistes allemands de Postdam ont constaté que lorsque la pression due aux
activités humaines décroît, la proportion s'inverse à nouveau en faveur des
rouges.
D'après "Ladybirds Turn Black Living In Town", dépêche
InformNauka, lue sur www.alphagalileo.org
B.D.
À lire dans la presse : Insectes : pourquoi ils vont conquérir le monde. Un dossier réalisé par Nicolas Revoy et Jean-Jacques Perrier. Science & vie, n°1030, juillet 2003. Des répulsifs pour se protéger des insectes piqueurs, Le Monde du 1er juillet 2003.
25 juin 2003
A lire dans la presse : Les Longicornes asiatiques Anaplophora glabripennis et A. chinensis, une menace sérieuse pour l'arboriculture fruitière, les plantes d'ornement et les forêts françaises. Par C. Coquempot, F. Hérard et P. Raynaud. Phytoma, n°561, juin 2003. [Mondialisation]
16 juin 2003
Il se fait passer pour lui pour le percer, y pénétrer, s'installer en son
sein, se repaître de son sang, y engendrer la multitude de ses enfants avant de
le laisser mourir, vidé. Personne ne le réprouve, on admirerait plutôt sa ruse
et son succès… Il est un Strepsiptère.
Les Strepsitères, insectes
holométaboles, parasitoïdes, constituent un ordre (petit) qui rassemble près de
600 espèces, partout dans le monde.
La larve de 1er stade, libre
et mobile, pénètre dans un insecte hôte (en forant un trou dans sa cuticule). La
femelle, larviforme, ovovivipare et néoténique, y demeurera toute sa vie - la
tête et le thorax à l'extérieur au-delà du 4e stade -, jusqu'à la dernière des
très nombreuses (jusqu'à 1 million chez certaines espèces) larves pondues ;
l'hôte "stylopisé", dont la vie a été prolongée meurt seulement à ce moment. Le
mâle vit une vie larvaire semblable mais, après la mue imaginale, sort (l'hôte
meurt) et s'envole. Il vole sur ses ailes postérieures, les antérieures étant
réduites à des micro-élytres.
La gamme d'hôte des Strepsiptères est
extraordinairement variée : 34 espèces de 7 ordres différents. Chez les
Myrmecolacidés, le mâle parasite des fourmis (Hyménoptères Formicidés) et la
femelle des Orthoptères. Comment l'intrus surmonte-t-il des barrières de défense
(réponses immunitaires) si différentes ?
Des observations (in vivo
par vidéo et in vitro) et des dissections de Stichotrema
dallatorreanum, parasite de Segestidae novaeguinae (Orth.
Tettigoniidé) ont percé ( pas tout à fait complètement) le mystère.
La larve
mobile, après avoir fait un trou dans la cuticule de son hôte, s'introduit entre
endocuticule et épiderme, formant une protubérance interne. Celle-ci s'agrandit,
prend une forme de sac pendant, qui se détache, emportant dans la cavité
générale de l'hôte la larve (apode) de 2e stade (avec l'exuvie du
1er stade). C'est dans un sac " en peau d'hôte " (authenticité
vérifée par des tests ADN) que, ni vu ni reconnu, le parasitoïde se développe,
pour finir par occuper tout le volume de l'hôte, après deux autres mues (qui
ont, autre cuiosité, la particularité unique de se dérouler par apolyse, sans
exuviation).
C'est au travers du sac que passent, depuis l'hémolymphe de
l'hôte, les éléments nutritifs nécessaires au parasitoïde (qui possède un tube
digestif jusqu'à la métamorphose).
Cet extraordinaire sac est le résultat
d'une longue coévolution ; il a été "mis au point", à partir de mécanismes, plus
courants, d'encapsulation de la larve de l'endoparasite par l'hôte. Reste à
trouver d'autres exemples chez d'autres espèces de l'ordre et à préciser le rôle
des ecdysones (hormones de mue) de l'un et de l'autre.
De curiosité
entomologique, les Strepsiptères deviendront-ils un jour, une fois mieux connus,
des agents de lutte biologique ?
D'après Kathirithamby J., Ross L. D.,
Johnston J. S., 2003. Masquerading as self ? Endoparasitic Strepsiptera
(Insecta) enclose themselves in host-derived epidermal bag. PNAS,
1131999100.
Clichés ci-dessous G.
Demolin/INRA
A Bangkok, la Blatte
souffleuse de Madagascar est à la mode. Ce " nouvel animal de compagnie "
est interdit pour des raisons sanitaires et un millier de ces cancrelats vont
être incinérés (vivants, mis dans des sacs plastique) - puis on leur organisera
des funérailles, selon le rite bouddhiste.
D'après une dépêche
Reuters, lue sur Yahoo! Actualités, le 22 mai 2003, à news.yahoo.com
Duane Anderson propose cette mesure de la densité d'une espèce animale :
compter combien on en écrase d'un seul pas. Ces jours-ci, c'était 10.
Dix
individus de la Sauterelle mormone, Anabrus simplex (Orthoptère
Tettigoniidé), en pullulation. En 2001, déjà, ses dégâts avaient été
spectaculaires (Épingle " Utah
d'urgence "), qualifiés de pires depuis 1940. Ces jours-ci, l'invasion
apparaît encore plus massive et les éleveurs voient avec désolation l'herbage
destiné aux bovins - un élevage décimé par la sécheresse de l'an dernier -
passer dans le tube digestif de ces sauterelles. À raison de 38 livres de
matière verte par individu.
Par ailleurs, les fermiers, comme tous les
autres habitants, patinent sur les routes recouvertes d'une bonne couche
d'insectes morts plus ou moins écrasés. Les autorités envisagent de les
sabler.
D'après, entre autres, James Nelson : " Mormon Crickets Devour
Crops, Turn Roads 'Blood Red'" ", Yahoo! News, lu le 16 juin à
story.news.yahoo.com
27 mai 2003
Le 26 mai 2003, était annoncée par l'AFP et aussitôt reprise par les médias -
y compris le journal du soir de la télévision, la découverte par les agents de
la Protection des végétaux, dans le Loiret (à Gien), d'un ravageur dangereux des
arbres : le Longicorne asiatique.
Ce fut une " découverte " non pas
entomologique mais médiatique. En fait, deux espèces, Anaplophora
glabripennis et A. chinensis (Longicorne des citrus) sont présentes
en France depuis quelques années, secrètement pour le public, dans,
respectivement, au moins 1 et 3 endroits. Ces Coléoptères Cérambycidés ont des
allures et des biologies voisines : larves xylophages, vaste gamme d'hôte et…
résistance aux conditions du transport.
Ces envahisseurs proviennent,
directement ou pas, de Chine. Ils poursuivent leur expansion planétaire, au gré
du commerce, mal contrôlé, de bois d'emballage ou même d'arbres entiers. Le
second semble bien avoir gagné l'Amérique du Nord dans un bonzaï. La lutte, une
fois le ravageur installé, est très difficile : les moyens disponibles sont
l'éradication d'arbres sensibles (ainsi, par exemple, a-t-on, pour endiguer la
diffusion d'A. glabripennis - et d'autres longicornes -, coupé et brûlé
24 millions d'arbres à Ningxia, dans le centre nord de la Chine, durant l'hiver
1991 et le printemps 1992) et la plantation d'arbres pièges (certains érables).
Avant Gien, New-York, alertée par un livreur de madriers, a affronté le
Longicorne asiatique (Épingle "Pendant
ce temps là, à New-York..." du 31 décembre 2001).
Sur Internet :
Anaplophora glabripennis est, entre autres, à http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/www.sbf.ulaval.ca/entomologie/fiche%20insecte/Anaplophora%20glabripennis%20(Motchulsky).htm
et A. chinensis à doacs.state.fl.us/~pi/enpp/ento/clbalert.htm
À la galerie Rare, à New-York, on peut voir actuellement toute une série de
blattes (Dictyoptères) mises en scène par Catherine Chalmers, sous le titre
Ombre et métaphore.
Pour cette artiste, les blattes, ennuyeuses et hideuses,
que tout le monde déteste, sont particulièrement intéressantes à mettre à la
place de gens, que d'autres gens lynchent, brûlent, pendent, électrocutent. D'où
ces photographies de scènes d'exécutions capitales, en noir et blanc :
pendaisons en file et chaise électrique miniature sous une lumière
blafarde.
Rendez-vous à Kansas City (Missouri) à l'automne pour découvrir ses
nouvelles vidéo. Dans une boîte-chambre, les cafards sont sur le dos, gazés (au
gaz carbonique). Petit à petit, une antenne frémit, une patte s'étire, puis la
troupe s'agite, renaît, se remet sur tarses.
D'après Sarah Boxer,
"Shadow and Metaphor Evoked by Coakroaches", The New-York Times, 6 mai 2003
(suppl. au Monde).
Le portfolio de C. Chalmers est à artscenecal.com/ArtistFiles/ChalmersC/
On y entrevoit des fragments de son exposition " Chaîne alimentaire " de
1994-1996 : Chenilles et restes de tomate, Mante et chenille, Mante dévorant une
chenille, Chenille attaquant une tomate, etc.
Dessin
Claire Brenot, d'après une photographie de l'artiste.
NDRL :
ils ne sont par artistes, ils scrutent et filment l'agonie des blattes (et des
mouches et d'autres insectes), ils mettent au point des préparations
insecticides et les cancrelats n'en réchappent qu'en faible proportion. Ils sont
entomologistes.
Ce ne fut pas toujours un continent glacé ; sans vie ailleurs que sur les
côtes et en quelques endroits peuplés, occasionnellement de Diptères Nématocères
(comme des moustiques). C'est une surprise. À quelques centaines de kilomètres
du pôle sud, il y eut jadis - il y a des millions d'années - des mouches. Et pas
des moindres, des Diptères Cyclorrhaphes - dits supérieurs - dont la larve sans
tête ni pattes, à l'instar de notre Mouche domestique, est un asticot et dont la
nymphe est une pupe.
C'est un petit fossile, de 5 à 7,5 mm de long, qu'Allan
Ashworth, géologue, a trouvé en étudiant une roche ramassée sur le glacier
Beardmore. En fait, c'est Christian Thomson, entomologiste entraîné à l'examen
des denrées à la recherche d'infestation par les insectes, qui a reconnu, dans
les petites structures rondes, les stigmates de la pupe.
Dans le même lieu,
on a trouvé des Coléoptères, des gastéropodes, des poissons et des algues. Des
découvertes qui indiquent clairement qu'il y a 3 à 17 millions d'années, il a
régné là un climat tempéré, suite à un réchauffement " global " parfaitement
naturel.
L'origine de cette faune reste à déterminer : des envahisseurs
profitant du climat clément ou des autochtones, issus de la faune du Gondwana,
continent qui a formé, outre l'Antartique, l'Inde, l'Amérique du Sud et
l'Afrique ?
D'après Marsha Walton " The buzz on ancient flies in
Antartica ", CNN.com, lu le 12 mai 2003 à www.cnn.com
L'importation en douce (en fraude) d'ouvrières d'Apis mellifera
(l'Abeille domestique, Hym. Apidé) fait courir d'énormes risques à
l'apiculture et à la pollinisation de nombreuses plantes cultivées. Sans doute
a-t-on eu jusque là beaucoup de chances, les agents pathogènes, véhiculés avec
les essaims, s'étant révélés peu agressifs une fois arrivés chez
nous.
Dernière alerte proclamée : l'infestation de nombreux ruchers hessans
par le virus du Cachemire, originaire d'Australie et de Nouvelle Zélande,
présent en Amérique du Nord (où il cause des dégâts importants) ainsi qu'en
Espagne et sans doute en France, mais sans impact notable. Ce virus dont la
dissémination pourrait être activement favorisée par l'acarien Varroa
jakobsoni - autre fléau - pourrait, en synergie avec lui et d'autres agents,
aggraver la situation de l'abeille, déjà mal en point.
D'après " Gefahr durch
neues Virus ", Spiegel online, lu le 24 mai 2003 à www.spiegel.de
Le génome de la Droso est à www.ncbi.nih.gov/mapview/map_search.cgi?taxid=7227. Pas le temps de vous le recopier.
24 avril 2003
Apiculture avec plus de piquant
Un des métiers les plus dangereux de la jungle des Sundarbans (Bengladesh),
c'est apiculteur. D'avril à fin mai, les Mowalis, après une cérémonie pour les
bénir, eux et leurs canots, s'enfoncent dans la mangrove pour récolter le miel
d'abeilles sauvages, d'une espèce de grande taille et très agressive. Mais nos
intrépides apicoles se rient des aiguillons d'Apis dorsata.
En
revanche, ils ne craignent rien plus que le Tigre royal du Bengale, aux
penchants anthropophages spécialement développés dans cette région - peut-être
en lien avec la forte salinité de l'eau. L'enfumage fait fuir les abeilles le
temps qu'ils prélèvent une partie du rayon, cire et miel. Mais contre
Panthera tigris, ils ont une autre technique d'effarouchement : un masque
derrière la tête, pour faire croire au tigre qu'on lui fait face*.
Du fait
du prix très élevé de ce miel au petit parfum de jungle et de félin, ce n'est
pas le nombre élevé de " veuves de tigre " dans les villages qui limite
l'exploitation de l'Hyménoptère, mais des quotas - 78 kg de miel et 20 kg de
cire par récolteur - établis dans le cadre de la protection des Sundarbans,
entreprise depuis 1879 par le colonisateur britannique.
D'après "
Sweet Thrills of Bengladesh jungle ", BBC News, lu le 17 avril 2003 à
newsoote.bbc.co.uk et " Dangerous Harvest ", Oregon's Agricultural
Progress, hiver 2003, lu à ees.orst.edu
* Un truc qu'ils n'ont
sans doute pas lu dans la presse mondiale. Il est pourtant dévoilé dans la Brève
" Mission prévention ", le Courrier de l'environnement de l'INRA n°47,
octobre 2002, en ligne à www.inra.fr/dpenv/brevc47.htm#mis
Regardés au travers de 3 caméras ultra-rapides (5 000 vues par seconde)
infra-rouge pointées sur un espace proche d'un cylindre noir portant une goutte
de vinaigre, les mouvements de vol libre d'une Mouche du vinaigre, Drosophila
melanogaster (Diptère Drosophilidé), amènent à réviser ce que l'on croyait
savoir de l'aérodynamisque des insectes.
La mouche, révèlent les
vidéogrammes, est capable de changements de direction brusques et importants au
prix de petits mouvements des ailes, suffisants pour produire un couple de
torsion et réorienter son corps dans le plan de vol. La droso, au prix d'un
effort très modeste, est capable d'un virage à angle droit en moins d'1/10 de
seconde. Grâce à un modèle mathématique, l'équipe suisso-états-unienne
d'aéroentomologistes a pu établir que, dans le vol des insectes, les forces
d'inertie interviennent plus que celles de friction de l'air - résultat
inattendu.
Article source : Fry S.N., Sayaman R., Dickinson M. H.,
2003. The Aerodynamics of Free-Flight Maneuvers in Drosophila. Science,
300 (5618), 495-498.
13 avril 2003
De nombreuses chenilles, de diverses familles, projettent leurs crottes au
loin, à des distances étonnantes. Ce comportement est fréquent chez celles qui
construisent des abris.
L'Hespérie à taches argentées, Epargyrus clarus
(Lép. Hespériidés), espèce de la prairie nord-américaine vivant sur lotier
(Poacée) détient peut-être le record dans cette catégorie avec 40 longueurs de
corps. La " motivation " lui est fournie par son ennemi, Polistes
fuscatus (Hym. Vespidés) qui est attirée par les crottes. Au laboratoire, en
l'absence de cette guêpe prédatrice, elle vit très bien au milieu de ses
excréments et est capable de reconstruire inlassablement son abri détruit à
chaque fois par l'entomologiste.
D'après, notemment, " Good
housekeeping : why do shelter-dwelling caterpillar fling their frass ? ",
communiqué Blackwell publishing lu le 8 avril 2003 à
www.alphagalileo.org
Photo de la chenille à www.npwrc.usgs.gov/resource/2000/catnw/pht80.htm
L'envahisseur américain est sous contrôle
Venu d'Amérique du Nord via la Vénétie en 1979, la Flatide pruineuse,
Metcalfa pruinosa (Hemiptère Flatidé), a envahi le Sud de la France à
partir de 1985. Cette cicadelle polyphage monovoltine est devenue un ravageur
redouté des arboriculteurs, des pépiniéristes et des viticulteurs, notamment.
Elle affecte les plantes qu'elle pique surtout par l'intermédiaire de la
fumagine qui se développe sur son miellat.
Très classiquement (cf nos
pages Lutte
biologique), les entomologistes italiens ont recherché dans l'aire d'origine
de l'envahisseur (où l'insecte ne fait d'ailleurs pas de dégâts) un ennemi
naturel capable de devenir un auxiliaire efficace. Neodryinus typhlocybae
(Hyménoptère Dryinidé), transporté en Italie en 1987, y fut lâché quelques
années après. En France, Jean-Claude Malausa (INRA Antibes) réalisa les premiers
lâchers expérimentaux en 1996, destinés à évaluer les capacités d'installation
de dispersion du Dryinidé. Suivirent des lâchers " massifs ", à partir de 1999,
par le moyen de sachets contenant une centaine de couples au stade nymphal
(cocons), accrochés dans la végétation. _files/neodryinus.jpg)
Actuellement, l'auxiliaire s'est acclimaté partout (sauf
accident) où il a été lâché. Et l'on compte sur ces populations " installées "
pour maîtriser durablement la cicadelle dont les effectifs ont déjà fortement
diminué aux endroits des premiers lâchers.
Cette lutte biologique "
automatique " - une fois mise au point - surpasse évidemment tous les autres
procédés (dont les insecticides auxquels on ne manque pas de penser pour une
lutte à court terme) par son universalité (elle s'applique à toutes les plantes
cultivées, jardinées ou sauvages), son innocuité (entre autres vis-à-vis des
abeilles friandes du miellat), son faible coût et sa compatibilité avec les
principes du Bio.
Contact : J.-C. Malausa malausa@antibes.inra.fr
Photos
à www.arsia.toscana.it/bollet_fito/documenti/metcalfa.htm,
achat de N. typhlocybae à http://www.bioplanet.it/
À (re)lire : Les
Dryinidés, par Hubert Tussac, Insectes n°127,
2002.
Cliché ci-contre : Neodryinus typhlocybae, source
: J.-C. Malausa.
Le 21 mars 2003
La classe des Hexapodes - Arthropodes à 6 pattes - serait-elle formée de deux
groupes très distincts ? L'analyse du génome mitochondrial - d'un nombre limité
d'espèces, il est vrai - semble indiquer que les Collemboles sont à ranger à
part.
Ces petits Arthropodes à 6 pattes (et une " queue à ressort ") de la
faune du sol et de la litière auraient évolué à partir d'un tronc commun aux
Crustacés et aux Insectes et auraient colonisé indépendamment de ces derniers le
milieu terrestre.
D'abord classés comme Insectes primitifs (absence
fondamentale d'ailes, mues continues…), parmi les Aptérygotes, ils sont
actuellement considérés comme un des ordres des Hexapodes, à côté des Diploures,
Protoures, Archéognathes et Zygentomes.
Selon cette nouvelle hypothèse, les
Protoures rejoindraient les Collemboles dans un nouveau phyllum, les "
Thysanoures " (Archéognathes + Zygentomes) restant très proches des Insectes, au
sein des Hexapodes.
Les Myriapodes, quant à eux, perdraient leur place de
cousins les plus proches des Hexapodes, au profit des Crustacés.
Les experts
restent divisés…
Article source : Francesco Nardi, Giacomo Spinsanti,
Jeffrey L. Boore, Antonio Carapelli, Romano Dallai,1Francesco Frati, 2003.
Hexapod Origins: Monophyletic or Paraphyletic? Science, 299,
1854-1855.
Réviser la classification
"classique" des insectes.
L'escargot qui en bave pour une fourmi
Une équipe de chercheurs Allemands a découvert en Asie du Sud-Est un escargot
ayant développé à un haut niveau un mécanisme d'adaptation pour se faire
accepter par les dangereuses fourmis dont il fréquente les nids. Bien que les
espèces animales myrmécophiles soient extrêmement nombreuses et diversifiées
(elles sont représentées dans la plupart des groupes, des vertébrés - oiseaux,
reptiles - aux arthropodes), on ne connaissait pas jusqu'alors de mollusque
ayant cette particularité.
La fourmi Leptogynes distinguenda
(Formicidé, Ponérinés) fait volontiers son ordinaire d'une large variété de
mollusques gastéropodes, que les chercheurs, généreux pour l'expérience, lui ont
fourni, morts et broyés. Si un escargot vivant vient, pour son malheur, à
croiser une expédition de ces fourmis guerrières, si son opercule est assez gros
pour les laisser entrer, si l'escargot n'est pas assez prompt à disparaître dans
sa coquille et à émettre une abondante bave protectrice, alors son affaire est
faite. Mais prompts, ils le sont souvent, et la fourmi déboutée s'en détourne
sans plus marquer d'intérêt pour le baveur. Les choses se passent différemment
avec Allopeas myrmekophilos (Gastéropode Pulmonate) trouvé souvent dans
des nids de L. distenguenda. Carnivore, comme elles, mais trop lent pour
se satisfaire sauvagement, on pense qu'il profite de l'abondante nourriture dont
le nid s'emplit à chaque retour d'expédition des fourmis. Pour s'y rendre, c'est
très simple : au moindre contact avec une fourmi curieuse - 1 seconde suffit -
le gastéropode sécrète une substance strictement spécifique et hautement
attractive, légèrement collante, dont l'insecte, avide, s'empare. Notre escargot
ne lâche pas prise et est alors transporté jusqu'au nid. Même manège lors des
migrations fondatrices : les fourmis transportent le gastéropode au même titre
que leurs propres œufs - auxquels il ressemble par la couleur et la taille. Il
lui suffit pour cela de sécréter régulièrement cette substance, et il s'installe
ainsi dans le nouveau nid.
B.D.
D'après V. Witte, R. Janssen, A.
Eppenstein, U. Maschwitz, 2002. Allopeas myrmekophilos (Gastropoda,
Pulmonata), the first myrmecophilous mollusc living in colonies of the ponerine
army ant Leptogynes distinguenda (Formicidae, Ponerinae) ". Insectes
sociaux, 49(4), 301-305.
Le 13 mars 2003
Évasions et mauvais traitements
Dans sa lutte contre celles qui ne pensent qu'à le dévorer sur pied, lui et
son bétail, l'homme enregistre des échecs cuisants. On les croyait disparues
d'Amérique (Sud des Etats-Unis et Amérique centrale), grâce à l'application de
la lutte autocide (dite aussi " par mâles stériles " voir à la page Lutte
biologique). Or, en janvier, des agressions ont de nouveau été signalées,
perpétrées par la Lucilie bouchère - qu'on avait officiellement éradiquée. Et
dire que les homicides (et bovicides et capricides) ont été élevés aux
frais de la princesse !
Dans une grande usine (puante) sise à Tuxtla
Gutierrez (capitale du Chiapas, au Mexique), en effet, on produit les asticots
de Cochliomyia hominivorax (Diptère Calliphoridé), depuis 27 ans. Ils y
sont nourris (d'une mixture comportant de la poudre de sang, de lait et d'œuf
dans des bacs, par lots de 20 000) d'où ils sautent une fois leur développement
larvaire achevé. Ils s'empupent dans un bain de sciure et, 5 jours et ½ après,
on les installe dans des cylindres en plastique pour être soumis, durant 2
minutes, à une irradiation gamma. La dose, 5 fois celle qui serait mortelle pour
un humain, provoque leur stérilisation, sans affecter leur comportement. Puis
les pupes sont placées en chambre froide jusqu'à leur transport et à leur
lâcher, par avion, au dessus des zones à traiter. Sauf celles qui serviront à la
reproduction, au sein de l'insectarium géant.
En dépit de mesures de sécurité
(pas de fenêtres, personnel en combinaison, sas, pièges dans et autour de
l'usine), les évasions n'ont pas été rares. Mais, en janvier, un irradiateur est
tombé en panne et on ne s'en est aperçu qu'après le lâcher de millions de
mouches - fertiles - au Chiapas et à Panama. Ampleur du désastre, évaluée fin
février : une centaine d'attaques, sur du bétail.
Rappelons que la mouche
pond dans une blessure jusqu'à 400 œufs d'où naissent des asticots qui se
nourrissent de chair vivante. Très dispersée, la Lucilie bouchère ne peut guère
être combattue autrement que par la lutte autocide, méthode élégante et très
efficace, aux évasions et erreurs de traitement près…
D'après
Elisabeth Fullerton, " Grisly Mexico factory breeds man-eating flies ", dépêche
Reuters du 24 février 2003, lue à www.alernet.org
Photos www.ans.org/pubs/magazines/nn/pdfs/1999-7-3.pdf
_files/lucilie.jpg)
Lucilie n°3 (mâle stérile) : cliché
ARS
1,25 g d'œuf est placé sur des pâtés de viande de cheval
en vue de leur passage à un régime gélifié - cliché FAO
Après les volontaires texans assiégés par le général mexicain Santa Anna,
c'est, 167 ans après, une armée de termites qui est assiégée par les Texans. Ces
derniers sont armés de tubes remplis de morceaux de bois - des pièges
redoutables - et d'appâts empoisonnés - arme chimique. Les désinsectiseurs
viendront-ils à bout de l'ennemi ? Fort Alamo, lieu historique, sera-t-il
détruit ?
D'après Libération du 7 mars 2003.
Le 6 février 2003
Samedi 25 janvier, Syracuse, État de New-York, États-Unis. Abby Golash, 17
ans, élève de la banale Fowler High School, vit une grande et inédite
expérience, sans toutefois se monter la tête : " Ce n'est pas de la science
appliquée. Nous n'allons pas trouver un remède contre le cancer ; mais il
pourrait bien y avoir pas mal de retombées indirectes. […] Un jour, un truc
qu'on aura appris pourra servir dans un écosystème dans l'espace ou même sur une
autre planète. "
À l'instar d'autres jeunes étudiants de Chine, du Japon,
d'Israël, d'Australie et du Liechtenstein, Abby et ses camarades ont préparé,
proposé, réalisé, peaufiné et vu s'envoler (Abby : " Un travail de 3 ans et demi
qui s'envole en 3 minutes et demi ! ", depuis Cap Canaveral (Floride), emportée
par la navette - mission STS 107 - , leur expérience. Les Chinois et leurs vers
à soie n'y étaient pas, faute de visa. Tout le monde, tout en gardant un œil sur
un témoin resté sur Terre, a pu observer, via Internet (à mailto:http://), le déroulement de la manip en orbite.
Pour nos élèves de Syracuse, il s'agissait d'observer 15 grosses fourmis
moissonneuses (Pogonomyrmex occidentalis, Hyménoptères Formicidés) dans
un nid artificiel climatisé fait grosso-modo d'une lame d'agar-agar
(projet Ant in Space, parrainé par SPACEHAB). En apesanteur, prof de
techno et élève sont d'accord, elles bougent plus vite, ont l'air comme folles
et leurs galeries n'ont pas la même allure.
Et Abby d'ajouter : " Ce que
nous faisons, personne ne l'a fait avant nous. Il n'a y a nulle part de
'résultats prévus' à prendre en compte ".
D'après, entre autres,
Marsha Walton, " Ants tunneling 'like crazy' in shuttle ", CNN, lu le 25 janvier
2003 à www.cnn.com
Photos du vivarium spatial à http://www.paragonsdc.com/1A2Anew01ICES-252.pdf
Le site Starsacademy est fermé depuis l'accident de Columbia, survenu le 2 février 2003.
Le 31 janvier 2003
Depuis 1942, l'Intel Science Talent Search, creuset de futurs prix Nobel,
récompense les petits génies états-uniens en dernière année d'études secondaires
(l'équivalent de notre lycée), sur présentation d'un projet individuel de
recherche. Parmi les 40 finalistes du concours 2002-2003 révélés le 29 janvier
dernier, trois études concernent directement le monde des arthropodes
terrestres. Michelle Rengarajan (Pasadena, Californie), 17 ans, souhaite étudier
comment, chez la drosophile dont les réponses immunitaires sont proches de
celles de l'homme, le nématode responsable de la filariose - une maladie
parasitaire qui infecte 120 millions de personnes de par le monde - parvient à
se faire "accepter" par son hôte. Michael H. Nyberg (Old Lyme, Connecticut), 17
ans, a inventé et souhaite développer un appareil acoustique détruisant les
larves de moustiques dans leur environnement aquatique. Matthew J. Kroll
(Bedford, New-York), 17 ans lui aussi, s'est intéressé à une tique, Ixodes
scapularis, vectrice de la maladie de Lyme, et aux conséquences de sa taille
sur son développement. Tous les ans, environs étudiants participent à ce
concours qui attribue au vainqueur la modique somme de… 100 000 dollars
!
B.D.
Vu le 1er février 2003 sur www.sciserv.org/sts/
La commune de Sinnamary (à l'est de la Guyane) est envahie par des nuées de
papillons urticants qui forcent les habitants à s'enfermer chez eux le soir. En
effet, les femelles du Papillon cendre (Hylesia metabus, Lépidoptère
Saturniidé) se rassemblent autour des lumières, projetant en vol des
"fléchettes" (écailles) urticantes. Alors qu'en 1994, l'invasion de Kourou avait
été combattue par l'armée à coup de traitements insecticides et de déboisements,
la lutte est ici du type "psychique" : des pièges lumineux sont tendus et
éclairés (c'est un procédé de chasse très connu des entomologistes) et imprégnés
d'insecticide (les entomologistes "cueillent" les spécimens intéressants à la
pince).
D'après une dépêche AFP, lue le 31 janvier 2003 à
www.larecherche.fr/
Vue d'une femelle posée sur un élément de
menuiserie. Elle adopte une posture caractéristique de "défense" en exposant les
zones de son abdoment recouvertes de fléchettes urticantes (photo J.-F.
Silvain).
Des vers à soie produisant des protéines humaines à usage thérapeutique ont
été obtenus par des chercheurs Japonais, par modification des caractères
génétiques de Bombyx mori (Lépidoptère Bombicidé). La larve file alors
une soie enrichie en collagène, une protéine utilisée notamment en chirurgie
reconstructrice et esthétique. Ce collagène est exprimé par un gène humain
introduit à l'intérieur du génome de l'insecte. Associé à la soie, elle-même
protéine extrêmement pure, le collagène est facile à extraire chimiquement. On
connaissait déjà - notamment - les vaches transgéniques, capables d'exprimer
dans leur lait des gènes codant pour des protéines humaines, mais c'est la
première fois qu'une intégration stable d'un caractère génétique humain chez le
vers à soie est rapportée. Le procédé pourrait servir à exprimer d'autres
protéines et avec rapidité, eut égard à la vitesse de reproduction du
Lépidoptère (supérieure, rappelons-le à celle de la vache). Alors que la
production de protéines synthétiques est aussi coûteuse que difficile,
l'industrie pharmaceutique s'intéresse au plus haut point à ces techniques.
D'autant que la sériciculture, qui produit environ 60 000 tonnes de soie par an
(en particulier dans le sud-est asiatique), dispose de moyens de production déjà
en place et pourrait trouver là d'importantes opportunités de développement.
B.D.
D'après, entre autres, "Human therapeutic proteins from
skilworms", Florian M. Wurm, Nature Biotechnology, 21, 2003, en ligne à
www.nature.com/naturebiotechnology
Le 27 janvier 2003
Pour Slavoljub Markovic, ex-directeur de la Protection des végétaux
yougoslave, l'invasion de son pays par la Chrysomèle du maïs, Diabrotica
virgifera (Coléoptère Chrysomélidé) est un acte d'agroterrorisme et de
sabotage économique perpétré par les États-Unis.
L'insecte, grand ravageur du
maïs en Amérique du Nord, récemment signalé en France, a effectivement pris pied
en Europe aux alentours de l'aéroport de Belgrade, dans les années 1980.
Pour
les experts américains, le transport sans intervention de quiconque de
l'envahisseur par avion entre deux aéroports tous deux proches de champs de maïs
est tout à fait de l'ordre du possible et les accusations sont " plaisantes ".
On serait même tenté d'y voir un manœuvre pour accélérer l'octroi de fonds
états-uniens pour la reconstruction du service yougoslave de la protection des
végétaux.
D'après Ted Agres, " Rambling Rootworms Prompt Agroterrorism
Claims ", lu dans The Scientist, 17(1), 54, en ligne à
www.the-scientist.com.
Deux articles récents à (re)lire : par Frédéric
Suffert, " L'épidémiologie végétale, nouvelle discipline de guerre? ", le Courrier de l'environnement de
l'INRA, 47,57-70 ; et, par Pierre Zagatti et Sylvie Derridj, " La Chrysomèle
du maïs est en France ", Insectes, 127, 5-7.
D'aucuns
auraient supputé, par ailleurs, que la Chrysomèle nous aurait été envoyée pour
justifier le cadeau suivant : du maïs transgénique ad
hoc...
Mâle sombre (capturé à Roissy), photo P.
Zagatti.
Grâce à l'examen du génome de 37 espèces de Phasmoptères appartenant à 14 des
19 sous-familles de cet ordre, Miche Whiting (Brigham Young University à Provo,
Utah, Etats-Unis) a pu tracer un arbre généalogique. Il a ainsi mis en évidence
que, tout au long ds 300 millions d'années de leur évolution, ces insectes ont
développé, perdu, redéveloppé plusieurs fois des ailes.
Grosse surprise ! Il
était jusque-là bien admis (loi de Dollo) que les insectes ailés ayant évolué
vers l'aptérisme avaient abandonné une fois pour toutes la capacité de voler,
les gènes " ailes " étant perdus. Or, à la lumière de ce tout récent travail, il
apparaît que l'aptérisme, acquis comme un avantage car favorisant des "
fonctions " plus importantes que le vol (comme la production d'une descendance
nombreuse), est réversible si les conditions changent et, ceci, plusieurs fois
de suite.
Une telle " re-évolution " est possible du fait de l'existence et
du fonctionnement d'un gène commutable " aile)pas d'aile ", analogue à Pax-6 "
œil/pas d'œil " présent chez tous les animaux. Des lignées d'insectes ont-elles
été successivement voyantes et aveugles ?
D'après, notamment, Nicola
Jones, " Stick insects forces evolutionary rethink ", lu sur
NewScientist.com, le 15 janvier 2003, à www.newscientist.com
Les insectes - en cela aussi, bien différents des vertébrés - respirent au
moyen d'un système de trachées qui conduit l'air depuis les stigmates jusqu'aux
cellules trachéolaires, partout au sein de l'organisme (et ce, jusqu'au bout des
appendices). Leur hémolymphe n'a pas, à la différence du sang, pour rôle de
transporter l'oxygène nécessaire à la vie cellulaire.
Comment l'air "
respirable " et l'air " vicié " circulent-il dans ces vaisseaux, dont le
diamètre s'affine jusqu'à 1 micron ? Grâce à des contractions musculaires lentes
dans l'abdomen et aux mouvements des appendices, savait-on. Jusqu'à ce qu'on
observe en détail le réseau des trachées au travers du corps de Platynus
decentis (Col. Carabidé), d'une fourmi charpentière (Camponotus
pennsylvaticus, Hym. Formicidé) et du Grillon domestique (Achaeta
domesticus, Orth. Gryllidé), tous insectes en vie et respirant. Grâce à un "
microscope " à rayonnements X synchrotron (produit par un accélérateur de
particules), on a obtenu des vidéogrammes comme on n'en avait jamais vus.
Où
l'on voit que les trachéoles se compriment (latéralement ou dorso-ventralement)
- leur section devient ovale - puis reprennent la forme que leur donnent la
ténidie (section circulaire). La fréquence, qui varie avec l'effort semble-t-il,
de cette " expiration-inspiration ", va de 0,4 à 0,7 Hz. Son moteur est
l'augmentation périodique de la pression interne de l'insecte, sous l'effet de
la contraction rythmique de différents muscles.
Article source :
Westneat M.W., Betz O., Blob R.W., Fezzaa K., Cooper W.J., Wah-Keat-Lee, 2003.
Respiration in Insects Visualized with Synchrotron X-ray Imagin. Science
magazine, 299(5606), 558-560.
L'article Trachée du
Glossaire progressif : http://www.inra.fr/Internet/Hebergement/OPIE-Insectes/glossaire.htm#trach
Photo
Mark Westneat, Courtesy of The Field Museum. Les trachées sont bien
visibles au niveau du cou.
Autres images à www.eurekalert.org/pub_releases/2003-01/fm-shp011703.php
Précédemment épinglés en 1999-2000 : Le Monarque, le IIIe FIFI, Sales mouches et compagnie, The Millennium Bug, Antigel, Sujets d'entomologie, Paris : trois immigrantes clandestines, Le Ver à rayonne, Parieurs, le secret..., La mort des abeilles (I et II), Chers appâts, Éristale des champs, Éristales des villes, Toliman le magnifique, Cafard bionique, À armes égales, AGA, Les punaises sont entrées dans Paris, Antigel (II), Horreurs sur la toile, Le moustique de la (Grosse) Pomme, Abeilles phyto, Le Monarque (suite de la suite...), Rivalité sexuelle et évolution, Du poulet contre les charançons, Irrésistiblement attirant, Trafic mis à jour, Langue bleue, Farine animale, Trésors.
En 2001 : Après la tempête, Entomologiste premier, Identification automatique, Réapparition, Rose-vert, Gène à gène, Le paradis des fourmis, Le poids des cornes, Quelle mort au bout du voyage ?, Gaucho contre longicornes, Fine mouche, Un petit coup de frelon ?, Ce sera la chenille ou l'homme !, Victimes : les pue-la-sueur, Addiction, Recherche courtilière, Luzernoïdes, Les mordues du travail, Faire-part, Sexe, pied à coulisse et gloire, Accord parfait, accord vite fait, Arithmétique cicadaire, Punaise !, Utah d'urgence..., Bonheur des chats, malheur des moustiques ,Victoire biologique, Bouses pièges, Le Monarque (fin ?), Lutte bio-génétique, Les termites : ça reste à creuser, Le coup du parapluie, Attention, chenille méchante !, Fourmi contre écosystème, Punaises diaboliques, Le tireur d'élite aux ailes de cristal, Opération Charançon, Moustique auto-GM, La chenille, la chouette et l'école, Les drosophiles rêvent-elles de rosée ?, Nouvelles farines animales, Pendant ce temps là, à New-York…, Biodéfoliant, Les apiculteurs font de la résistance, Étoile de Noël.
Précédemment épinglés en 2002 : Chasse mouches, Chrysope surprise, Chenilles et carottes, Trafic d'arsenic, La cicadelle des basses richesses, Royale indifférence, Qui pique les pépites ?, Quels nez !, Insectes de somme, CAO (Camouflage assisté par ordinateur), Barbe à papa, Surréaliste, La Très Grande Fourmilière, 31 !, La crise de la fourmi folle, Des millions d'espèces en moins, Nommer, dénommer, renommer…, Envahisseuse, envahisseur !, Chapeau, l'abeille africaine !, Mauvais goût, Association de malfaiteurs, Sus à la Grande Sensitive, NAC, Renversant, Envahisseurs associées, ravages durables, Exploitation, La cheffe reste la cheffe, Pourquoi tant de gènes ?, Mouche à faire peur, Punaise (II), Amères mouches à miel, Le Petit Pilleur des ruches, Pot russe, Sales mouches, Petite famille, Les couleurs de la nuit, Le coton Bt file un mauvais cocon ?, Mauvaises fréquentations, Le combat de la mouche et de l'araignée.
Sauf mention contraire, ces textes sont d'Alain Fraval
M.G. = Marie Guillaume,
B.D. = Bruno Didier
Consulter les Épingles entomologiques de 1999 et 2000, Les premières Épingles de 2001.